La PME toulousaine Microtec, spécialisée dans l'assemblage de cartes électroniques, retrouve des niveaux d'activité d'avant-crise grâce à des contrats majeurs dans le spatial et pour la Marine nationale. De quoi compenser à terme la chute d'activité dans l'aéronautique. La société, qui vient de changer d'actionnaire principal, peut s'appuyer sur sa nouvelle ligne d'assemblage pour augmenter ses cadences de production et compte recruter une dizaine de collaborateurs en 2021.Ne pas tout miser sur l'aéronautique. C'est la stratégie engagée depuis dix ans par Vincent Gayde, à la tête de la PME toulousaine Microtec et celle qui lui a permis en quelques mois de retrouver des niveaux d'activité d'avant-crise. Ce sous-traitant s'est spécialisé dans l'assemblage de cartes électroniques pour le compte de Thales, Continental et Liebherr avec pour ambition de viser "la haute qualité du spatial au prix de l'aéronautique".
300 cartes par mois grâce à une ligne d'assemblage automatisée
Concrètement, depuis mi-2019, Microtec dispose d'une ligne d'assemblage automatisée qui triple sa capacité de production en baissant drastiquement ses coûts.
"Nous sommes désormais en capacité de sortir aux alentours de 300 cartes spatiales par mois. Cela n'a l'air de rien du tout en comparaison des cadences dans l'automobile, par exemple, ou même l'aéronautique. Mais dans le secteur spatial, les contraintes sont telles que c'est déjà beaucoup. Pour donner une idée, nous avions contribué significativement à la constellation de satellites Iridium Next de Thales, pour laquelle nous avions produit 2.430 cartes en deux ans, soit à peu près 100 cartes par mois", détaille le directeur général de Microtec.
Cette nouvelle ligne d'assemblage faisait partie d'un plan d'investissements de 2,8 millions d'euros engagé par la PME en 2018. "Si nous n'avions pas engagé cette transformation vers la haute fiabilité automatisée, aujourd'hui nous serions morts", lâche Vincent Gayde. Car l'arrêt brutal des usines pendant le premier confinement a durement impacté la société. "De mi mars jusqu'à fin juin, notre prise de commande s'est effondrée de deux tiers. L'aéronautique a notamment fortement chuté, de l'ordre de 30% sur l'année 2020", observe le chef d'entreprise.
Le principal client de Microtec dans ce domaine est Liebherr Aerospace (qui a annoncé un plan de départs volontaires cet été). "Nous cherchons à compenser la baisse de l'activité connue par Liebherr chez d'autres équipementiers aéronautiques. Mais je ne fais pas d'illusions sur le sujet. Le secteur aéronautique va être sinistré encore jusqu'en 2023", glisse Vincent Gayde. La société a aussi été affectée par la chute de la production dans le secteur automobile. Microtec a fourni à Continental Automotive 400 bancs de test de calculateur d'injection de carburant dans les voitures.