Économique, innovant et différenciant, le concept de cuisines fantômes séduit et divise les restaurateurs. Reflet d'une extension de l'ubérisation pour certains, solution miracle aux difficultés financières rencontrées par les restaurateurs en ces temps de crise pour d'autres, La Tribune vous propose une immersion au coeur de ce concept hybride mi-restaurant, mi-fast-food pensé pour la livraison qui s'apprête à envahir Toulouse. Reportage.
Vous avez peut-être déjà commandé des plats auprès d'une "dark kitchen" toulousaine sans même le savoir. Ces "cuisines fantômes" en français, que l'on pourrait plus simplement traduire comme étant des restaurants sans salle de restauration (c'est-à-dire qui ne se composent que d'une cuisine), gagnent du terrain dans la Ville rose depuis quelques mois. Le terme anglo-saxon est aussi utilisé pour parler des cuisiniers qui transforment leur appartement en cuisine professionnelle et qui ne louent donc pas de local pour exercer leur business. Pensé pour les services de livraison de repas à domicile, le concept a vu le jour aux Etats-Unis et s'est fait une petite place à Toulouse depuis le début de la crise sanitaire.
Derrière le terme de "dark kitchen", plusieurs modèles
Foudie et Holocène sont deux restaurants toulousains qui appartiennent à ce nouveau type de restaurant surnommé les "dark kitchens". Pourtant, les deux établissements n'ont pas grand chose en commun, si ce n'est l'envie de proposer une cuisine de qualité à travers un projet inauguré pendant la crise de la Covid-19.
Le premier a été lancé en décembre 2020 et appartient au groupe de restauration AllForYou, réputé pour ses restaurants tels que La Compagnie Française, Ma Biche sur le Toit ou L'Envol côté plage. Il a la particularité d'être le premier restaurant de type "cuisine sans salle" à avoir vu le jour à Toulouse et propose aujourd'hui huit cartes différentes grâce à ses dix cuisiniers.
Photo d'illustration (Crédits : Rémi Benoit)
Le restaurant Foudie comptabilise plus de 100 commandes par jour depuis son lancement. (Crédits : Rémi Benoit)