De l'aéronautique au luxe : l'incroyable reconversion de ST Luxury à Toulouse

Pierrick Merlet
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ST Luxury
Rémi Benoit

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ST Luxury
Rémi Benoit
À l'étage de l'usine de ST Composites, dans le bureau de Stéphane Trento, son président-fondateur, une longue file de produits de luxe sont fièrement exposés. Boîte à cigares, étui à montre, vanity, sac à main pour femme, housse d'ordinateur, valise, sac de travail pour homme... Une gamme complète en cuir digne d'une grande maison. Le visiteur a de quoi être décontenancé : l'entreprise toulousaine n'est pas - encore - connue pour son activité de maroquinerie mais plutôt pour son ancrage solide dans le secteur aéronautique et spatial toulousain. Bousculée par la crise sanitaire et économique, l'entreprise mène sa révolution industrielle. "Nous voulons faire un petit Vuitton made in Toulouse", dévoile le patron, qui vient de créer la société ST Luxury pour séparer l'activité aéronautique et celle - balbutiante - du luxe.
Rentable, fort d'une chiffre d'affaires de 3,5 millions d'euros, poussé par une croissance annuelle à deux chiffres, le fabricant a longtemps pu compter sur des programmes et des clients prestigieux : l'avionneur ATR, le constructeur européen Airbus, les avions militaires type Rafale, le programme 787 de l'Américain Boeing et même quelques collaborations pour des satellites liés aux télécommunications militaires.
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Seulement, en février 2020, la crise sanitaire met à mal le "CV" de ce sous-traitant aéronautique de rang 2. En quelques semaines, la société déplore une chute d'activité de 70%. Et 18 mois après "nous ne voyons toujours pas un signe de reprise", lâche le dirigeant un brin nostalgique, qui emploie une trentaine de salariés. Stéphane Trento est alors passé en mode survie, alors qu'il se battait auparavant pour attirer des profils pour faire face à la montée des cadences de production.
Pierrick Merlet