À l'occasion du Space Forum organisé par La Tribune à la Cité de l'Espace, l'écosystème spatial a pu faire le point sur ses ambitions lunaires et la reconquête de notre satellite naturel. Dans ce challenge, Toulouse abrite plusieurs acteurs qui joueront un rôle clé dans le retour voire l'installation de l'homme sur la Lune. Alimentation, hébergement, connectivité, recherches... Décryptage.Le programme Artemis, piloté par la NASA, prévoit un retour des hommes sur la Lune à l'horizon 2025 dans le meilleur des cas, après les premiers pas de 1972. Si ce premier voyage avait un aspect plutôt politique voire diplomatique, les futurs pas de l'homme sur notre satellite naturel auront un tout autre intérêt.
"La Lune est la prochaine étape de notre étape finale, qui est d'envoyer des hommes sur Mars. Mais d'abord nous irons sur la Lune, pour y rester de plus en plus longtemps. On apprendra à y vivre et à y travailler afin d'en tirer des enseignements. Pour cela, nous comptons renforcer nos partenariats actuels et construire de nouveaux partenariats", explique Matthew Koeppe, le représentant de la NASA en Europe, invité par La Tribune à s'exprimer sur ce programme à l'occasion du Space Forum organisé à la Cité de l'Espace jeudi 19 mai.
Ce changement d'objectif favorise ainsi la pratique partenariale et non plus solitaire comme par le passé. L'Agence Spatiale Européenne, ESA, compte ainsi monter dans le wagon américain et pourquoi pas positionner un de ses astronautes pour le retour des hommes sur la Lune.
"L'Europe a des ambitions au niveau spatial. Il est évident qu'il faut travailler main dans la main avec la Nasa pour retourner sur la Lune. L'Europe accroit ses capacités d'exploration spatiale ces derniers temps... Avant, nous étions un petit partenaire, non négligeable, mais un petit partenaire quand même. Mais sans l'Europe, la Nasa ne pourrait pas retourner sur la Lune", assure le directeur général de l'ESA Josef Aschbacher, également invité à cet échange par La Tribune.
Josef Aschbacher est le directeur général de l'ESA depuis mars 2021 (Crédits : Rémi Benoit).
Une étude pour étudier l'impact du confinement sur les astronautes
Bastion de l'aéronautique, mais aussi place forte du spatial à l'échelle européenne, la ville de Toulouse, qui abrite plusieurs acteurs privés, institutionnels et académiques en lien avec l'espace aura son rôle à jouer dans cette "colonisation" lunaire. Par exemple, l'école de l'ISAE-Supaero abrite une équipe de chercheurs qui, pendant le premier confinement a travaillé étudié le comportement futur des astronautes sur la Lune.
"On va apprendre à habiter de plus en plus longtemps sur la Lune, et nous allons vivre dans un environnement hostile dont il faudra se protéger. Ce qui signifie vivre enfermé, dans le lanceur, dans la base ou dans notre scaphandre. Les humains qui mèneront ces missions seront confinés et isolés. Les recherches que nous conduisons cherchent à étudier l'impact de cette isolement sur nos performances en tant qu'humain. Nous observons l'évolution de la motivation, la capacité à prendre des décisions, etc. Tout cela doit permettre de savoir à quel moment il faudra planifier des opérations scientifiques ou de maintenance par exemple, définir quel est le moment le plus opportun", explique Stéphanie Lisy-Destret qui dirige ce travail, notamment en ses qualités d'enseignante et chercheuse en conception des systèmes spatiaux à l'ISAE-Supaero et responsable de l'équipe de recherche sur les systèmes spatiaux avancés.