Premier pôle de compétitivité européen de la filière aéronautique, spatiale et drones, Aerospace Valley vient de voir sa labellisation reconduite par l'État jusqu'à fin 2026. La structure active en Occitanie et en Nouvelle-Aquitaine fourmille de nouveaux projets dès cette année : création d'un cluster d'entreprises des données spatiales, diagnostic de nouveaux besoins de compétences à dix ans de la filière, montage d'un accélérateur de startups pour lutter contre les feux de forêt...Bonne nouvelle pour Aerospace Valley. Le premier pôle de compétitivité européen de la filière aéronautique, spatiale et drones implanté à cheval entre la Nouvelle-Aquitaine et l'Occitanie vient de voir sa labellisation reconduite par l'État jusqu'en 2026. Sur les 55 pôles français retenus, seuls 47 ont été prolongés pour une durée de quatre ans.
Il faut dire qu'en dix-sept ans d'existence, Aerospace Valley a prouvé son rôle d'accélérateur de l'écosystème aérospatial dans le Sud-Ouest avec 1,7 milliard investis (via notamment 712 millions d'euros d'argent public) dans 739 projets et un réseau fort de 830 membres.
Un important effet de levier
Alors que les pôles de compétitivité étaient montés au créneau en 2015 face à la baisse des dotations de l'État, Bruno Darboux, président d'Aerospace Valley, se réjouit désormais que la nouvelle phase de labellisation « stoppe ce désengagement de l'État qui maintient sa contribution au même niveau » : « Les pôles de compétitivité créent un véritable effet levier avec 2,5 euros privés investis dans la R&D pour 1 euro public. L'État reconnaît dans une certaine mesure l'importance de ce type de dispositif. Je dis dans une certaine mesure parce que c'est comme toute petite partie des coûts de fonctionnement des pôles. Et outre l'Etat, nous remercions les régions qui sont présentes à nos côtés ».
La dernière phase de labellisation (2019-2022) a été marquée « par une montée en puissance des pôles au niveau européen et le pôle Aerospace Valley n'a pas fait exception ». « Cette période a aussi été marquée par la cassure engendrée par la crise sanitaire et le support apporté aux filières pour survivre dans ces moments très compliqués », ajoute-t-il.
Pour la prochaine phase, Aerospace Valley a pris six engagements auprès de l'État. Le premier d'entre eux est de « dynamiser l'innovation ». Dans le domaine spatial, le pôle est l'opérateur de l'ESA Bic Sud France, l'incubateur de startups de l'Agence spatiale européenne.« Nous avons incubé au travers de ce dispositif plus de 120 entreprises sur un axe allant de Montpellier jusqu'à Poitiers en passant par le Pays basque. Nous accueillons les projets les plus prometteurs dans le District, un accélérateur propre à Aerospace Valley installé dans le B612 à Toulouse et qui a déjà vu passer plus de 16 sociétés », retrace Éric Giraud, directeur général du pôle de compétitivité Aerospace Valley. C'est le cas par exemple du Toulousain U-Space qui ouvrira en 2024 son usine de nanosatellites ou de Ternwaves, la pépite cannoise qui démultiplie les capacités de l'Internet des objets.