Une nouvelle page se tourne pour Recif Technologies. La discrète société toulousaine, qui s'est imposée comme l'un des deux premiers fabricants au monde de robots manipulant les plaques de silicium dans les salles blanches des usines de semi-conducteurs (wafer sorter), vient d'être rachetée par l'industriel singapourien Accuron Technologies au cours d'une opération pilotée par le cabinet Oaklins France.
Fondée en 1985 par un ancien ingénieur de Motorola Freescale à Toulouse, Recif Technologie s'est d'abord développée en produisant des équipements basiques pour les semi-conducteurs. L'entreprise prospère, jusqu'à compter un millier de salariés, au point de réaliser une introduction en bourse au début des années 2000. Mais ensuite, l'activité s'effondre et la société est placée en redressement judiciaire en 2005 avant d'être reprise par le groupe Gorgé. Trois ans plus tard, la situation de l'entreprise restant critique, Alain Jarre prend la direction de Recif Technologies et opère en quinze ans l'important redressement de l'entreprise.
«
Quand je suis arrivé en 2008, j'ai changé le modèle économique de l'entreprise. Alors que nous avions des usines en Tunisie et en Biélorussie, j'ai fait le choix de relocaliser la production en France auprès de sous-traitants situés à deux ou trois heures de voiture de Toulouse. En interne, nous avons gardé l'assemblage final, le réglage et l'expédition des machines chez le client. Cela nous a permis de garantir le contrôle de la qualité de la fabrication. Avec cette nouvelle organisation, l'effectif est passé de 600 personnes à 60 salariés dont une quarantaine à Blagnac, une dizaine dans notre filiale commerciale à Taiwan et cinq personnes dans la filiale américaine. Après cette restructuration, Recif a initié en 2012 une première phase de R&D en s'appuyant sur les projets collaboratifs au niveau européen grâce au support de Bpifrance Occitanie et a été labellisée Bpfrance Excellence.
L'entreprise a connu une forte croissance ces dernières années. Entre 2015 et aujourd'hui, le chiffre d'affaires a été multiplié par 3,5 (Recif Technologies réalise entre 15 et 20 millions d'euros de chiffre d'affaires, ndlr) », se remémore Alain Jarre.