Spatial : le Japonais Astroscale en plein boom à Toulouse

Florine Galéron
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Philippe Blatt est directeur général d'Astroscale France.
Rémi Benoit

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Les chiffres ont de quoi donner le vertige. Pour éviter des collisions en orbite avec d'autres satellites ou des débris, les satellites Starlink de SpaceX ont dû faire 50.000 manœuvres en l'espace de six mois, soit une toutes les onze minutes. Et d'après des projections, la société d'Elon Musk aura besoin de réaliser une manœuvre toutes les onze secondes dès 2028. La faute à un encombrement de plus en plus dramatique de l'espace, en particulier dans l'orbite basse utilisée pour développer l'internet haut débit par satellite. Elon Musk veut à lui seul créer une constellation de 12.000 satellites.
Cet ingénieur toulousain passé par Thales Alenia Space a pris la tête de la nouvelle filiale d'Astroscale en France. Ce groupe japonais fait figure de pionnier dans les services en orbite en s'attaquant dès 2013 à la question des débris à une époque où le sujet restait assez confidentiel. La société expérimente l'envoi de satellites pour aller récupérer les débris spatiaux ou encore remettre du carburant pour allonger la durée de vie des satellites de télécommunications en orbite géostationnaire.
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En février dernier, Astroscale a envoyé un premier satellite (Adras-J) pour le compte de l'agence spatiale japonaise (JAXA) pour aller inspecter un imposant débris de onze mètres de long. Il s'agissait de l'étage intermédiaire d'une fusée japonaise H2A lancée en 2009 et qui, désormais, flotte dans l'espace sans système actif à bord, ni possibilité d'envoyer sa position GPS. La mission a permis d'étudier les mouvements du débris, avant une deuxième mission qui partira à l'horizon 2026 avec un bras robotique pour accrocher le débris et le désorbiter. En parallèle, Astroscale a aussi envoyé cette année un satellite (Elsa-D) accompagné d'un débris équipé d'une plaque magnétique pour tester une technique de capture par aimantage. L'an prochain, un nouveau satellite va récupérer de cette manière trois débris au cours d'une mission.
Florine Galéron