L'ETI toulousaine Dedienne Aerospace vient d'annoncer le rachat de The Champion GSE, l'un des leaders mondiaux des conteneurs aéronautiques, des équipements-clés pour transporter les moteurs au sein de la supply chain. Le groupe entend, en parallèle, développer cette activité sur le sol européen après avoir repris une usine dans le Tarn.Ce n'est pas tous les jours qu'une ETI toulousaine rachète un acteur américain. Le Toulousain Dedienne Aerospace, spécialisé dans l'outillage de maintenance aéronautique et qui emploie 400 salariés dans le monde, vient d'annoncer le rachat de The Champion GSE. Basée à Springfield dans l'Ohio, cette PME de 60 salariés figure dans le top 5 mondial sur le segment des conteneurs aéronautiques. La société fournit les grands donneurs d'ordres américains du secteur, à l'instar de Boeing Defense, Pratt & Whitney ou Rolls-Royce.
« Les conteneurs servent par exemple à transporter des moteurs entre l'usine du fabricant Pratt & Whitney et la ligne d'assemblage du F-35, l'avion militaire Lockheed Martin. Quand le moteur a besoin d'être réparé, il peut être démonté et envoyé dans des conteneurs plus petits. Ces équipements demandent un savoir-faire très technique pour protéger les moteurs des chocs, des vibrations, être étanche à l'air et à l'eau », décrit Cédric Barbe, Chairman & CEO de Dedienne Aerospace.
En concurrence avec plusieurs acteurs outre-Atlantique, la société toulousaine a réussi à obtenir l'accord du gouvernement US pour racheter cet actif américain du secteur de la défense.
Cinq millions de dollars investis aux USA
Jusqu'à présent, l'activité de The Champion GSE était disséminée sur quatre sites de production, situés à quelques centaines de mètres les uns des autres au sein de Springfield. Dedienne Aerospace compte rassembler les effectifs dans l'usine historique et déménager, d'ici trois ans, dans une nouvelle usine de 15.000 m2. La société prévoit d'investir cinq millions de dollars sur le sol américain, essentiellement pour l'automatisation des chaînes de production, notamment dans la mise en place de robots de soudage. Face aux importantes perspectives de croissance du trafic aérien (Airbus table sur une demande mondiale 40.000 nouveaux avions d'ici 2043), la société avait pour objectif de multiplier par trois l'activité américaine et atteindre un effectif de 150 personnes d'ici à 2028.