Le fabricant français vient de décrocher un contrat de l'Agence spatiale européenne pour produire le premier nanosatellite européen de météo spatiale. Il permettra de mieux comprendre la haute atmosphère terrestre et d'améliorer le fonctionnement des services de localisation.Les nanosatellites prennent du galon. L'époque où ces petits satellites se limitaient à des missions expérimentales semble révolue : ils s'imposent désormais comme une solution complémentaire incontournable pour les missions scientifiques. Dernier exemple en date, l'Agence spatiale européenne (ESA) a signé mercredi avec la société toulousaine Hemeria un contrat d'une valeur de 9,8 millions d'euros pour la conception, la construction et l'exploitation de Swing, la première mission de nanosatellite de météorologie spatiale de l'ESA.
Un rôle clé pour améliorer les services GPS
Le satellite observera l'ionosphère, une couche de la haute atmosphère terrestre située entre 80 et 600 km d'altitude, où l'ultraviolet extrême et le rayonnement solaire X perturbent les services de navigation.
« Les particules chargées électriquement qu'elle contient peuvent avoir des conséquences critiques sur les services GNSS de haute précision (comme le GPS américain ou l'Européen Galileo, NDLR) en provoquant des erreurs de positionnement ou de synchronisation. Comprendre le comportement de l'ionosphère est essentiel afin de mettre en place des services de navigation et de communication fiables. Les données de Swing permettront de mieux comprendre les effets de la météorologie spatiale et de fournir des prévisions précises sur l'état de l'ionosphère », précise Melanie Heil, coordinatrice du segment spatial au Bureau de météorologie spatiale de l'ESA et responsable du projet Swing.
L'an dernier, la société d'ingénierie Expleo avait envoyé en orbite Enso, un tout petit satellite d'un kilogramme et développé avec le Centre spatial universitaire de Montpellier pour observer l'impact des radiations solaires sur la ionosphère et fournir un signal de référence pour améliorer les performances des stations au sol.
Des données scientifiques à coût réduit
Pour sa part, Hemeria va fabriquer un satellite de type 16U, tout comme les satellites de la constellation Kinéis qui pesaient à peine 30 kg chacun. Il sera équipé de quatre instruments (dont deux fournis par les Toulousains Steel électronique et Syntony). Ce poids plume réduit drastiquement l'accès à une telle mission scientifique.