C'est une acquisition stratégique... qui rassure le ministère des Armées en matière de protection de la base industrielle et technologie de défense (BITD) française. Le groupe toulousain Hemeria s'offre une petite PME très, très discrète, Opensci, qui a développé une technologie très innovante pour détecter et caractériser des lancements spatiaux et balistiques.
En clair, cette PME fournit du renseignement stratégique au ministère des Armées en désignant le pays qui vient de procéder à un tir civil (fusée) ou militaire (missile balistique). Ce qui est une aide à la décision très précieuse pour les autorités politiques, notamment en période de conflits.
Des prédateurs étrangers étaient sur les rangs pour rafler cette pépite, créée en 2017 par un jeune entrepreneur Jean-Pierre Ducourtieux, basée à Paris et soutenue par la Délégation générale de l'armement (DGA). Mais finalement le groupe Hemeria (57 millions de chiffre d'affaires entre juillet 2022 et juin 2023, dont 75% dans la défense) a su trouver les arguments pour convaincre Opensci de s'adosser à lui en dépit d'offres, semble-t-il, mieux-disantes de grands groupes. Pour Hemeria, cette opération « renforce notre offre au bénéfice des intérêts souverains étatiques, décrypte pour La Tribune le directeur général d'Hemeria, Nicolas Multan. Nous sécurisons la BITD, notamment celle liée à la dissuasion ».