Alors que les métropoles s’interrogent sur de nouveaux modes de mobilité pour désengorger le réseau routier et réduire les émissions polluantes, Sète fait le pari de la livraison en péniche et à vélo-cargo. L’expérimentation, menée par l’agglomération de Sète et le cluster Ten Log va se poursuivre cet automne.En décembre dernier, le géant suédois du meuble Ikea créait le buzz en lançant pour ses clients sa première livraison par voie fluviale sur la Seine, puis par voie routière avec des véhicules électriques. Une première mondiale pour la marque qui assure faire ainsi économiser à ses camions 300.000 kilomètres...
Le test mené à Sète par le cluster Ten Log et l'agglomération est certes plus modeste, mais la démarche reste la même : désengorger un centre-ville embouteillé et réduire les émissions de gaz à effet de serre.
« Dans le cadre du programme Innovation Territoriales et Logistique Urbaine Durable (InterLUD, ndlr), dont nous sommes référents, nous travaillons depuis trois ans avec l'agglomération de Sète pour mettre en place un plan de circulation des marchandises de la ville,résume François Trouquet, chargé de mission au sein du cluster Ten Log. Avec ses ponts neutralisant le trafic routier plusieurs fois par jour, le centre-ville de Sète est souvent congestionné, surtout pendant la période estivale. La nouvelle charte de logistique urbaine, qui vient d'être signée, vise entre autres à renouer avec l'utilisation des canaux historiques de la ville pour le transport de marchandises. »
De Frontignan à la criée de Sète
Pour évaluer la faisabilité du projet, un POC (proof of concept) a été mené le 5 juin dernier. Le batelier Jean-Marc Samuel avait mis à disposition sa péniche, amarrée au bord du canal de Frontignan et équipée d'une grue de déchargement. Deux livreurs ont chargé à son bord de l'alimentaire et des médicaments et ont embarqué trois vélos-cargos fournis par l'entreprise montpelliéraine SVE (Service Ecusson Vert). La péniche a traversé la baie de Sète jusqu'à la criée. Une fois les marchandises débarquées, les livreurs ont fait trois tournées à vélo pour une vingtaine de clients.
« Le cycle complet a pris deux heures, soit à peu près le même temps qu'un livreur routier pour entrer et ressortir du centre-ville,constate François Trouquet.D'un point de vue écologique, une analyse est en cours avec le programme Objectif CO2 qui déterminera le gain réel en terme d'émissions de CO2. »