L'Arbre Blanc : "Il faut rompre avec le syndrome de la tour inaccessible"

Les quatre architectes de l'Arbre Blanc à Montpellier : Dimitri Roussel, Nicolas Laisné, Sou Fujimoto et Manal Rachdi.
Christine Caville

Les quatre architectes de l'Arbre Blanc à Montpellier : Dimitri Roussel, Nicolas Laisné, Sou Fujimoto et Manal Rachdi.
Christine Caville
C'est sans conteste le projet immobilier le plus observé et le plus commenté de l'année à Montpellier. Et la couverture médiatique qui lui est réservée lui donne une visibilité nationale et internationale.
L'Arbre Blanc, un bâtiment de 17 étages pour 113 appartements (et trois niveaux de parking), est désormais habité par ses résidents. Érigée sur les bords du Lez, cette tour blanche hérissée de balcons et d'ombrières est une prouesse à divers égards.
Elle est l'œuvre d'une collaboration à quatre mains architecturales (trois cabinets) : le Japonais Sou Fujimoto, Nicolas Laisné et son associé Dimitri Roussel, et Manal Rachdi (Oxo Architectes).
A quelques semaines de l'inauguration officielle de la tour iconique, le 19 juin prochain, les quatre architectes étaient ensemble, le 27 mai, dans les étages de l'Arbre Blanc, pour revenir sur cette aventure commune hors normes.
Pour mémoire, le projet puise son origine dans le concours « Folie Richter » lancé par la Ville de Montpellier, à l'époque (2013) où l'équipe municipale en place projetait d'ériger 12 « folies architecturales » dans la ville. Celle-ci était la deuxième, et fut la dernière avec le changement de maire en 2014.
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Pour répondre à la demande d'un « geste audacieux », Manal Rachdi, Nicolas Laisné et Dimitri Roussel ont décidé de faire appel à Sou Fujimoto.
Les architectes se sont interrogés sur ce qu'est aujourd'hui une tour dans la ville. S'éloignant des a priori sur ce terme à la sémantique péjorative dans l'imaginaire collectif, les architectes ont souhaité « introduire une nouvelle façon de vivre la tour avec la volonté d'offrir une mixité d'usages et de rompre avec le syndrome de la tour inaccessible ».
Ainsi, le rez-de-chaussée est-il un espace vitré donnant sur la rue, avec un restaurant et une galerie d'art. Quant au toit-terrasse, il est divisé en deux : une partie est un bar accessible au public, l'autre moitié étant un espace partagé réservé aux résidents de l'Arbre Blanc, « de sorte que même les appartements des premiers étages puissent profiter de la vue », précise Sou Fujimoto.
Les toits-terrasses sont devenus des lieux très prisés. Selon Dimitri Roussel, « la toiture-terrasse est un concept moderne qui permet de nouveaux usages. On la re-saisit avec beaucoup d'énergie. Aujourd'hui, l'accès de ces lieux au public est encore rare, et l'Arbre Blanc est regardé depuis Paris pour ça ».
L'Arbre Blanc a aussi été l'occasion de nombreuses innovations techniques - une vingtaine selon les architectes. Parmi elles, les fameux balcons de plus de 7,5 m de long, dont la fixation fut un challenge en soi.
Prolongeant avantageusement les appartements, les balcons favorisent la vie en extérieure mais « ils permettent aussi de grandes ouvertures et amènent de la luminosité, ajoute Manal Rachdi. Les appartements ne sont pas des thermos fermés ! Et cette structure permet d'économiser de 20 à 30 % en consommation d'énergie, les rayons de soleil ne tapant pas directement sur la façade, il y a moins besoin de rafraîchir ».
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Selon Dimitri Roussel, si le projet est clivant, « il génère aussi beaucoup d'engouement... Les promesses ont été tenues, et le bâtiment a été conçu pour être accessible au plus grand nombre, et non réservé aux privilégiés ».
L'Arbre Blanc a aussi été le projet qui a lancé l'architecte japonais Sou Fujimoto en France.
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