Produire des bâtiments de facture moderne sur la base de containers, c’est ce que fait Contain Life dans l’Aude. En proposant des maisons d’architecte modulaires. Mais la petite entreprise n’échappe pas au contexte de pénurie des matières premières et à l’envolée des prix qui rendent de plus en plus difficile, pour les particuliers, l’accession à ses maisons.Comme souvent dans ce genre d'aventure, l'idée a germé lors d'un voyage que Jean-Baptiste Jarretou, créateur de l'entreprise, effectuait en Asie en 2015. Pourquoi ne pas se servir de containers maritimes mis au rebut pour les recycler et les transformer en habitation à haute performance énergétique ? Avec l'aide, au passage, de coups de crayons d'architectes pour en faire des constructions singulières haut de gamme...
Entre l'idée et le début de la production, trois petites années. La première réalisation intervient en octobre 2018, avec la Maison de la famille de Carcassonne, qui a mobilisé sept containers. Puis l'entreprise s'est ouvert le marché des maisons individuelles et celui des bureaux avec une réalisation de 340 m2 qui héberge le centre médico-psycho-pédagogique (CMPP) de Carcassonne.
«C'est à ce jour notre bâtiment le plus important», explique Dylan Romier, responsable commercial de l'entreprise.Depuis deux ans, une vingtaine de projets ont été menés à bien, mais nous ne sommes pas un gros constructeur.»
Le chiffre d'affaires de l'entreprise n'a cependant cessé de croître et doit atteindre 3 millions d'euros cette année, ce qu'il considère comme un palier.
Inéquation entre coûts et budgets des particuliers
Pour autant, comme tous les secteurs, Contain Life doit faire face à des difficultés nouvelles liées au contexte : « Tout augmente, le prix des containers usagés, les matières premières, les marchés de sous-traitance... L'aluminium est passé de 2.000 à 4.000 dollars la tonne, il y a forcément de la spéculation là-dessus ! Certains postes ont pris 120% depuis un an, les devis ne tiennent plus quatre jours. Chiffrer une maison, c'est devenu un peu comme jouer en bourse ».
Avec à la clé des déconvenues désagréables pour tout le monde...
«La seule chose qui n'augmente pas ce sont les salaires et ces deux paramètres font que les banques sont aujourd'hui plus réticentes à financer leurs clients,ajoute Dylan Romier. Cela crée une réelle frustration chez nos clients qui ne comprennent pas ce mouvement même si, à surface et qualité équivalentes, nous restons moins chers que les maisons traditionnelles, hors lotissement bien sûr. Les familles ont travaillé sur un budget pour le terrain et la maison, et se retrouvent aujourd'hui coincées à cause de ces évolutions fortes du marché. Sur une maison, nous sommes à +20 %, c'est 30.000 euros supplémentaire pour une surface de 110 m2, par exemple. Le résultat, c'est que nous avons bien moins de projets de particuliers cette année... »