Panne de l’offre. Panne de la demande. Alors que la production de logements est insuffisante depuis des années en France, à Montpellier comme ailleurs, le marché immobilier s’est grippé. Le salon de l’immobilier ouvre pourtant ses portes ce 22 septembre dans la capitale languedocienne, mais l’atonie du marché se reflète dans les allées. Peu de stands, des promoteurs en rangs (très) clairsemés, et une question : les acquéreurs viendront-ils ? L’ambiance est tendue et tout le monde s’acharne à trouver des solutions pour débloquer la situation. Analyse.Une vingtaine de stands seulement, dont onze promoteurs immobiliers et quatre constructeurs de maisons individuelles... Rarement les allées de ce salon de l'immobilier de rentrée à Montpellier (un autre a lieu en mars) n'ont été aussi clairsemées. Une situation qui reflète l'état du marché du logement neuf : exsangue. C'est la double panne : une offre en berne et une demande très frileuse. Et la double peine : des taux d'intérêt en hausse, bridant l'accès au crédit, mais des prix encore stables et qui hésitent, sur cette zone tendue, à s'infléchir.
Faute de programmes à présenter et à commercialiser, une grande partie des promoteurs immobiliers ont joué la chaise vide sur ce salon historiquement dynamique et porteur d'affaires... En ce vendredi matin 22 septembre, jour d'ouverture du salon pour trois jours au Parc des expositions, la question de la venue ou non d'un public acquéreur se pose également légitimement.
Les organisateurs du salon concèdent du bout des lèvres s'être interrogés sur le maintien ou non de la manifestation commerciale. Mais maintenant qu'elle ouvre ses portes, un seul mot d'ordre se répercute de bouche en bouche : trouver des solutions. Pas question de faire le dos rond et d'attendre que l'orage passe : le territoire a besoin de logements, les programmes doivent sortir de terre. D'autant qu'il y a un an et demi, en février 2022, le président (PS) de la Métropole, Michaël Delafosse, conscient d'une vive attente des promoteurs immobiliers et d'une crise du logement qui se profilait, avait présenté « un choc de l'offre ». Mais c'était avant que la guerre en Ukraine et l'inflation ne viennent bouleverser la donne. Aujourd'hui, des lots ont été attribués mais les promoteurs peinent à équilibrer financièrement les opérations.
45% des lots considérés « à risque »
« Michaël Delafosse a vu cette crise arriver puisqu'en février 2022, avant qu'elle ne commence vraiment, il a annoncé le lancement de 8.000 logements dans les deux ans,rappelle en effet Cédric Grail, le directeur général d'Altemed, le satellite de la Métropole de Montpellier qui chapeaute l'aménageur public SERM-SA3M et l'office public de l'habitat ACM Habitat. A Montpellier, on a un coup d'avance ! En 2022, nous avons lancé 4.782 logements en consultation, et cette année, parce que nous ne sommes nous-mêmes pas en dehors de la crise, ce sera sûrement 1.500. Soit entre 6.000 et 6.500 au total. Nous allons continuer à lancer des consultations, car celles qu'on lance aujourd'hui seront les logements disponibles dans quatre ans, mais ma priorité absolue, c'est surtout que les 5.500 déjà lancés ne soient pas bloqués, que le moteur ne soit pas grippé. »
Cédric Grail et Laurent Villaret, le président de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI) Occitanie Méditerranée, l'affirment tous les deux : à Montpellier, il n'y a pas de programmes immobiliers stoppés et abandonnés, mais des programmes bloqués (40 à 50% des logements doivent avoir été vendus pour lancer la construction) qu'il faut renégocier. Et en ces temps de crise, tout le monde se remonte les manches, à commencer par la puissance publique.