La mise en liquidation, il y a deux mois, de l’entreprise Fondeville, longtemps l’un des piliers économiques du département, n’a pas provoqué de spirales infernales dans les Pyrénées-Orientales. Le marché se maintient pour les PME mais se tend fortement pour les artisans. Explications.L'entreprise catalane Fondeville et son logo rouge et jaune aux deux F accolés, reconnaissable entre mille, font aujourd'hui partie de l'histoire... Mise en liquidation en décembre dernier par le tribunal de commerce de Toulouse, elle a laissé 250 salariés sur le carreau après l'échec de la recherche d'un repreneur par Raymond Fondeville, dirigeant de l'entreprise. Le passif constitué est important, 34 millions d'euros, et l'entreprise se débattait depuis 2018 dans une procédure de redressement judiciaire. La crise du Covid et la guerre en Ukraine seront venues ruiner l'espoir d'une issue heureuse.
Pour autant, si l'affaire a fait grand bruit dans la région, elle semble n'avoir eu qu'un impact mineur sur le secteur du bâtiment dans les Pyrénées-Orientales.
«Il y avait déjà plusieurs années que l'entreprise était en grande difficulté et ses marchés étaient surtout à Montpellier ou Marseille», explique Thomas Tavarel, secrétaire général de la Fédération du bâtiment des Pyrénées-Orientales.
Si les sous-traitants n'ont pas bu la tasse, « c'est probablement parce qu'ils se sont arrangés pour obtenir des garanties de paiements ou des paiements directs. En tout cas je n'ai pas de remontées de mes adhérents concernant des difficultés qui seraient liées à la liquidation de Fondeville », ajoute-t-il.
Transfert de marché et nouvelle concurrence
Du côté de la CAPEB, Mathieu Denoyer n'a pas non plus constaté de retombées négatives sur les entreprises qu'il représente : « Nos artisans interviennent assez peu en sous-traitance de ce genre d'entreprise, mais globalement le contexte est tendu dans le secteur du bâtiment, principalement à cause du ralentissement de la construction de maisons neuves. Si les artisans sont à 70% sur le segment de la rénovation, ils subissent la concurrence d'entreprises plus importantes qui déboulent sur ce marché pour combler les manques d'activité du secteur de la maison individuelle ».