Le nautisme pèse 110 M€ dans les Pyrénées-Orientales
Mariama Diallo
Mariama Diallo
« La filière nautique représente l'un des axes de développement de l'économie des Pyrénées-Orientales », annonce Bernard Fourcade. Le président de la Chambre de commerce et d'industrie catalane se dit engagé « fortement » depuis 2004 auprès des acteurs de cette filière économique stratégique pour le département, à la suite des difficultés financières du fabricant de catamarans Catana qui avait à l'époque licencié la moitié de ses effectifs.
La filière catalane compte 148 acteurs économiques, recensés dans 95 codes NAF. A eux, ils ont réalisé 110 M€ de chiffre d'affaires, sur l'exercice 2015-2016. Les retombées économiques indirectes sont de l'ordre de 66 M€, générées à travers les achats, les services extérieurs et les salaires versés.
Le dynamisme de la filière est largement porté par les quelque 139 entreprises (constructeurs, équipementiers, maintenance et réparation et enfin services), qui comptabilisent 606 emplois (+8 % en un an), sur les 698 générés sur le territoire. Ces sociétés, pour la plupart des PME âgées de moins de 15 ans et comptant moins de 10 salariés, sont fortement implantées à Saint-Cyprien (23) et Canet-en-Roussillon (34), dont les infrastructures modernisées permettent de répondre aux problématiques de transport des bateaux, de plus en plus imposants.
L'entreprise vendéenne Jeanneau (7000 salariés, groupe Beneteau), qui produit des bateaux allant jusqu'à 68 pieds, sous-traite la préparation (SAS) et la distribution (Alliance Nautique 66) de ses produits depuis le port de Canet, « seul accès à la méditerranée » pour eux, selon le directeur financier de l'entreprise Samuel Dubois, qui précise que depuis mars dernier 19 bateaux y avaient déjà été acheminés.
Pour rester dans cet élan de croissance, la filière nautique catalane, dont 58 % des salariés sont âgés entre 41 ans et 60 ans, devra réussir la transition générationnelle qui s'annonce. « Chez Catana, 19 salariés partiront à la retraite dans 5 ans », relève Bernard Fourcade, soulignant au passage l'importance de la formation et de la transmission du savoir-faire dans ce processus de renouvellement des compétences.
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Le défi devrait être relevé, puisque le département est parmi les mieux lotis en matière de formation aux métiers nautiques avec deux établissements d'enseignement initial et continu à Canet-en-Roussillon (le Lycée Rosa Luxemburg et l'institut nautique de Méditerranée), ainsi que l'école d'ingénieurs IMERIR qui réalise des travaux de recherche sur notamment la robotique marine et mène d'autres projets ayant trait au nautisme, en partenariat avec le laboratoire de Banyuls-sur-Mer.
Mariama Diallo