CleanTech Vallée : le Gard sera-t-il la Silicon Valley des éco-industries ?

Le 31 janvier 2019, lancement de la CleanTech Vallée à Aramon (Gard), sur le site de l'ancienne centrale thermique EDF
Cécile Chaigneau

Le 31 janvier 2019, lancement de la CleanTech Vallée à Aramon (Gard), sur le site de l'ancienne centrale thermique EDF
Cécile Chaigneau
La haute cheminée rouge et blanche de la centrale d'Aramon, symbole industriel et repère-totem du territoire, sera bientôt effacée du paysage...
Majoritairement rural, le territoire entre le Pont du Gard et la vallée du Rhône a développé des activités industrielles au fil du temps, qui ont subi les assauts négatifs de fluctuations économiques. Dernière en date : la fermeture définitive de la centrale thermique EDF d'Aramon, en avril 2016 (une centaine d'emplois redéployés). Dans les dix ans à venir, elle sera complètement déconstruite.
Pour ne pas laisser ce territoire en déshérence, la délégation régionale Occitanie d'EDF et la DPIT (direction production ingénierie thermique), ainsi que la Communauté de communes du Pont du Gard et la Communauté d'Agglomération du Gard Rhodanien se sont engagés dans un programme baptisé « Énergie du Gard ». Objectif : redynamiser l'économie du territoire.
Le 31 janvier, c'est l'aboutissement de cette démarche qui était célébrée au cœur même du site de l'ancienne centrale, avec le lancement officiel de la CleanTech Vallée (déjà raccourcie sous l'acronyme CTV) et du Cleantech Booster, son outil d'accélération d'entreprises.
A ce stade, tous les acteurs de la démarche sans exception mettent en avant « la force du collectif » et la co-construction qui ont œuvré à la naissance de la CleanTech Vallée. Car la démarche a embarqué, dans une dynamique qui ne va pourtant pas de soi, collectivités locales, acteurs publics, acteurs institutionnels et monde de l'entreprise autour de l'énergéticien EDF. La CTV compte ainsi parmi ses membres la Communauté de communes du Pont du Gard, la Communauté d'Agglomération du Gard rhodanien, Enedis, BRL, la Banque Populaire du Sud, Orano (ex-Areva), la CCI du Gard, le CEA Marcoule, Sanofi, l'UIMM du Gard, le cluster Cyclium et PVSI (pôle de valorisation des sites industriels).
Objectifs partagés : maintenir et créer de l'activité et des emplois sur le territoire, accompagner la mutation écologique, anticiper l'évolution de la formation et des métiers.
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Cerise sur le gâteau : le projet fait l'objet d'un Contrat de transition écologique (CTE), ensemble d'outils au service des collectivités locales et des entreprises pour engager la mutation des territoires autour de projets durables.
La demande a été relayée par le député du Gard Anthony Cellier (LREM). A ce jour, seuls quatre ont été signés en France, la Cleantech Vallée ayant été le 3e, le 6 décembre dernier, par Emmanuelle Wargon, secrétaire d'État auprès du ministre de la Transition écologique.
La CleanTech Vallée est donc l'opérateur du CTE et sélectionnera des projets, orientés sur l'écologie industrielle : économie circulaire, énergies renouvelables, déconstruction, dépollution des sols, échange de chaleur, gestion des déchets ou résilience du territoire aux inondations.
Parier sur l'économie décarbonée, faire de ce territoire entre Nîmes et Avignon "une Silicon Valley des éco-industries" et favoriser son attractivité économique, telle est l'ambition non dissimulée des acteurs engagés dans la Cleantech Vallée.
Pour ce faire, la Cleantech Vallée se dote d'un accélérateur de croissance et de développement d'entreprise : le CleanTech Booster. Il sera installé à La Villa, sur le site même de la centrale thermique, dans un bâtiment de 300 m2 qui devrait être livré au printemps.
Autre implication concrète de la CleanTech Vallée déjà actée : le développement de l'offre de formation, avec, dès septembre 2019, la création d'un master « management de la transition écologique et de l'économie circulaire » par le CEA Marcoule et Montpellier Management (Université de Montpellier).
Plusieurs financements ont été mobilisés pour donner à la CleanTech Vallée les moyens de se déployer, parmi lesquels 800 000 € de l'Etat, 90 000 € de l'Ademe (sur trois ans pour le CleanTech Booster) mais aussi 300 000 € de la Région Occitanie, également fléchés sur le CleanTech Booster.
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Coralie Noël, coordinatrice nationale des CTE au ministère de la Transition écologique, avait fait le déplacement dans le Gard ce 31 janvier. Elle souligne la spécificité du CTE de la CleanTech Vallée :
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