Comment sont nées les chaussures en cuir de thon en Occitanie

Des chaussures en cuir de thon sont nées en Occitanie, sous la marque The String Brand
The String Brand

Des chaussures en cuir de thon sont nées en Occitanie, sous la marque The String Brand
The String Brand
Comment passe-t-on de l'importation et la transformation des produits de la mer (poissons, thons, espadons, céphalopodes) à la fabrication de chaussures en cuir de thon ? C'est en réfléchissant un jour sur la valorisation qu'il pourrait opérer sur ses déchets de découpe de poissons qu'Hervé Barba, directeur général du Groupe Barba, a eu l'idée de valoriser la peau des thons.
L'entreprise familiale (5e génération aux commandes) est installée dans une usine de 6 000 m, à Villeneuve-les-Béziers (34). De là sortent des produits pour la grande distribution, la restauration ou les poissonniers. Le groupe emploie 80 personnes en France et 25 sur sa filiale à Barcelone, et a réalisé un chiffre d'affaires de 46 M€ en 2019.
Convaincus du potentiel qu'offre cette innovation d'usage - "ce n'est pas si fréquent d'avoir un nouveau type de cuir dans l'industrie de la mode", souligne Hervé Barba - le dirigeant du groupe Barba et François Roques font fabriquer, en 2018, des prototypes de bracelets, porte-cartes ou étuis à lunettes, et poussent l'investigation plus loin : Hervé Barba invite un designer dans la boucle, Tommy Bernal, créateur d'espadrilles et de baskets écoresponsables à Béziers.
Le trio est constitué : les dirigeants de Barba, le tanneur et le designer vont créer courant mars une entreprise dédiée à la transformation de cuir de thon et basée à Béziers. Elle vendra des peaux brutes à des industriels de la mode (maroquinerie, prêt-à-porter, bijoux...) sous la marque Pantuna, et des baskets sneakers et autres produits finis sous la marque The String Brand. Objectif : lancer la commercialisation sur internet en mai et réaliser les premières ventes en juin.
L'assemblage des chaussures se fera dans des usines spécialisées du Portugal.
Si les entrepreneurs choisissent internet comme canal de distribution direct, c'est "pour assurer aux consommateurs un prix de vente accessible. Nous allons essayer de créer une communauté sur les réseaux sociaux, autour des valeurs de mode, de qualité d'écoresponsabilité, d'économie circulaire et de traçabilité".
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Hervé Barba insiste sur un point important : "Le cuir de thon que nous utilisons provient de pêches responsables et durables. C'est du thon pêché pour répondre aux besoins de consommation humaine, et non pour sa peau. Nous n'aurons aucune difficulté à obtenir des peaux. Le groupe Barba est un acteur majeur et nous sommes en contact avec l'ensemble des producteurs du monde entier, auxquels nous achèterons leurs déchets de peaux, en plus de ceux de notre propre production. Ce qui les arrangera car aujourd'hui, ils paient pour se débarrasser de ces déchets qui sont enfouis ou brûlés. Nous leur offrirons une nouvelle ressource financière".
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Le lancement de l'entreprise, dont Hervé Barba tait le nom, se fait en autofinancement. Des recrutements interviendront dans un second temps. Début février, le projet avait été lauréat du prix Coup de cœur du concours Inn'Ovations organisé par l'agence de développement économique régionale Ad'Occ.
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