Depuis la mi-septembre, les 80 salariés de l’usine Schneider Electric de Lattes, à côté de Montpellier, savent que la direction du groupe a décidé de fermer le site pour délocaliser l’activité. Il y a deux jours, le président de la Métropole de Montpellier et le maire de Lattes ont adressé un courrier au ministre de l’Économie. Mais à Lattes, les négociations autour du PSE sont en cours et l’affaire semble mal engagée…«Ici, on produit des ampoules à vide pour disjoncteurs et contacteurs ainsi que des disjoncteurs, et c'est aussi là que se trouvent les services après-vente des équipements en fin de vie», rappelle Anne Bonnel, déléguée syndicale CGT chez Schneider Electric à Lattes, près de Montpellier, où le groupe compte deux usines.
Le 16 septembre dernier, la direction du groupe annonçait qu'elle allait fermer l'une de ces deux usines. Quelque 80 salariés sont concernés. Et sont d'autant plus amers que cette fermeture n'est pas la première dans l'Hérault. L'histoire récente de l'industriel, qui a compté jusqu'à 1.200 salariés dans le département, est faite de plans de restructuration et de fermetures...
«Nous, on était Areva jusqu'en 2010, quand Schneider Electric a racheté la branche Transmission et Distribution d'Areva,rappelle Anne Bonnel.Schneider Electric a créé la filiale Schneider Electric Énergie France pour intégrer ces usines, et jusqu'en 2013, ils s'étaient engagés à les conserver et à conserver les emplois. En 2013, ils ont fermé l'usine de la Pompignane à Montpellier (300 emplois, NDLR). En 2015, ils ont licencié des gens à Fabrègues, puis en 2016, ils ont fermé l'atelier éphémère de Mudaison et rapatrié les salariés à Lattes. En 2018, c'était la fermeture définitive de Fabrègues, qui avait compté jusqu'à 300 salariés. »
Délocalisation à Aubenas, Mâcon, Grenoble et... en Inde
«La direction a annoncé une réorganisation d'une partie de son activité de production moyenne tension en France en raison d'une forte baisse d'activité depuis plusieurs années, explique la porte-parole de Schneider Electric àLa Tribunele 24 novembre.Le projet vise à consolider les activités industrielles du groupe à travers des pôles de référence compétitifs pour la France et pour l'Europe... Ce plan prévoit l'arrêt des sites de Saumur et de Lattes au 2nd semestre 2021. »
Anne Bonnel s'indigne : « La direction nous parle d'un déficit de 500 000 € qu'elle justifie par l'entretien des bâtiments, ce qui fait que le site ne serait pas rentable. Mais Schneider Electric a fait 27,4 milliards d'euros de bénéfices l'an dernier dans le monde ! En fait, ils veulent rapatrier de l'activité sur des usines historiques qui ont moins de travail. Pour les ampoules à vide, une partie de la production irait sur Aubenas et une autre en Inde, c'est inscrit dans le PSE... Pour les disjoncteurs, l'activité partirait sur Mâcon et le SAV à Grenoble ».
Interrogée, la direction du groupe confirme bien Mâcon, Aubenas et Grenoble - plus exactement Fontanil-Cornillon dans le centre de modernisation des équipements - mais ne dit rien sur l'Inde...
Dans les rangs salariés de Lattes, où on n'a jamais arrêté de travailler malgré la crise Covid, Anne Bonnel observe « une grosse colère et de la résignation » : « Pour certains, c'est la 5e fois qu'on les bouge... Ici, la moyenne d'âge se situe entre 52 et 55 ans, beaucoup de salariés ne sont pas mobiles ».