Entre eux, les représentants syndicaux de l'entreprise Altrad Endel l'appellent « Momo », double référence au nom du P-dg, Mohed Altrad, et à la mouette qui sigle le logo de son groupe. Et il n'y a là rien de très affectueux...
Le groupe montpelliérain Altrad est propriétaire, depuis avril dernier, de cette ancienne filiale du groupe Engie, spécialisée dans la maintenance industrielle et nucléaire et qui emploie quelque 6.000 salariés pour un chiffre d'affaires annoncé de 523 millions d'euros. Engie a cédé cette filiale dans le cadre de son recentrage sur les énergies renouvelables et les infrastructures, et Altrad, spécialisé dans les services à l'industrie (principalement sur les marchés du pétrole et du gaz, de l'énergie, de l'environnement et de la construction) et l'équipements pour le secteur de la construction, l'a acheté pour se renforcer notamment sur le nucléaire.
Cet été, Mohed Altrad a annoncé sa volonté de restructurer cette entité nouvellement acquise. Une démarche qui inquiète vivement les représentants syndicaux, principalement ceux de la CGT. Le processus de consultation a commencé en juillet mais la direction du groupe vient d'y mettre un terme, considérant qu'il était arrivé au bout, et d'annoncer l'engagement de la restructuration. Les représentants syndicaux s'étranglent.
« Pour eux, la deadline était le 3 novembre, ils estiment avoir assez discuté et avoir donné tous les documents qu'ils avaient à donner, et ils considèrent qu'il n'y a pas eu d'avis négatif émis,explique Frédérik Conseil, délégué syndical central CGT chez Altrad Endel.Or si nous n'avons pas émis d'avis, c'est parce que pour nous, l'ordre du jour n'a pas été épuisé et que nous n'avons pas eu tous les documents demandés. Nous les assignons au tribunal de grande instance de Nanterre pour manque de transparence des documents fournis. »
Ce qui inquiète les salariés, c'est un projet qui, selon la CGT, va découper l'entreprise, comme le détaille Frédérik Conseil : « Aujourd'hui, Endel, c'est trois établissements : le siège et les grands projets, l'établissement Nucléaire et l'établissement Industrie. Les premiers concernés par la restructuration sont les 3.200 salariés de la maison-mère Endel SAS, qu'ils vont découper en 13 établissements. Au total, il y aura 36 centres de profit ! C'est la politique du "diviser pour mieux régner" ! Jusqu'à présent, on était sur de grands établissements, donc si une région - géographique ou d'activité - perdait de l'argent, c'était compensé par les autres. Demain, si l'un des centres de profit n'est plus rentable, Altrad le fermera ! ».