DOSSIER REINDUSTRIALISATION. Dans l’Aude, le port de Port-la-Nouvelle est le cœur battant de la réindustrialisation du territoire, et sa trajectoire s’écrit sur trois axes : l’éolien offshore en Méditerranée, la production et la distribution d’hydrogène, et le port de commerce. Un vaste plan d’investissement soutient ces ambitions, le chantier de réhabilitation et d’extension du port avance, des projets industriels se dessinent, certains conditionnés aux décisions à venir sur l’éolien offshore. L’un...Yann Wickers, le directeur général du port de Port-la-Nouvelle, résume ainsi les ambitions autour de l'infrastructure : « Les axes de réindustrialisation sont ceux de nos ambitions de développement : positionner le port comme hub logistique de l'éolien offshore flottant en Méditerranée, et comme un hub de production et d'importation d'hydrogène vert, sur lequel on voit qu'il y a une accélération... Et nous voulons continuer de renforcer le port comme pôle de vrac liquides - aujourd'hui des hydrocarbures et molécules noires mais avec l'idée d'aller vers les molécules vertes - et de vrac secs ».
L'identité du port jusqu'à présent repose sur une activité commerciale qui le place au 15e rang des ports français et au 3e rang des ports méditerranéens tricolores en termes de tonnages, avec 1,5 à 2 millions de tonnes par an, majoritairement des hydrocarbures et des vracs secs à l'import et des céréales (essentiellement du blé dur) à l'export.
La Région Occitanie, propriétaire du port, a confié en mai 2021 la concession portuaire à une SEMOP (société d'économie mixte à opération unique, 51% de capitaux privés) qui pilote la réhabilitation de l'infrastructure portuaire.
Mutation et réhabilitation en cours
Pour opérer cette mutation, un chantier d'envergure de quatre ans est en cours, pour lequel la Région mobilise 234 millions d'euros (1ère tranche), aux côtés du Département de l'Aude et de l'Agglomération du Grand Narbonne (30 millions d'euros), et de l'Etat (32 millions d'euros) : construction d'une nouvelle digue, construction d'un terminal éolien qui sera la base arrière des deux fermes-pilotes d'éoliennes en mer flottantes (Eolmed et EFGL, en cours de construction) et de la future ferme commerciale d'éolienne offshore (dont l'appel à projet AO6 devrait délivrer les lauréats en avril 2024), ou encore nouvelle zone d'activité logistique portuaire de 70 ha qui sera livrée en 2025.
«Il n'y a aucun foncier portuaire disponible entre Marseille et Tarragone, sauf ici,vante Yann Wickers.Notre foncier est ouvert aux industriels qui font de l'import-export de matières premières, et qui ont donc besoin de voies ferrées et d'un port adjacent. La nouvelle zone logistique sera dotée denouveaux aménagements ferroviaires. Quand on est un port de vrac, le ferroviaire est essentiel, car on sait qu'à terme, 70 à 80% de nos trafics sortiront par le train. Nos ambitions sont d'atteindre rapidement 6 millions de tonnes de flux ferroviaires, et 12 millions de tonnes en vitesse de croisière à horizon 2040. »