SÉRIE Nautisme (1/3) - Après trois ans d’embellie, le secteur de la plaisance semble donner les premiers signes d’un ralentissement de l’activité. C’est donc dans un contexte structurellement bon mais sans euphorie que l’International Multihull Show largue les amarres à La Grande Motte (Hérault) du 3 au 7 avril. Les détails avec Jean-Paul Chapeleau, président de la Fédération des Industries Nautiques (FIN).La Fédération des Industries Nautiques (700 adhérents et plus de 5.000 entreprises) est organisatrice du Salon Nautique de Paris et du Yachting Festival de Cannes, et partenaire du Grand Pavois à La Rochelle et des Nauticales à la Ciotat. Elle vient de reprendre l'organisation du salon international Multihull Show, qui se déroule à La Grande Motte du 3 au 7 avril.
LA TRIBUNE - Pourquoi avoir fait l'acquisition, en septembre 2023, de la société M2O, propriétaire du Salon International du Multicoque à La Grande Motte ?
Jean-Paul CHAPELEAU, président de la Fédération des Industries Nautiques - L'International Multihull Show, lancé en 2010 par Philippe Michel et Frédéric Morvant, deux passionnés de nautisme, s'est rapidement imposé comme référence mondiale auprès des professionnels pour soutenir la filière des catamarans et trimarans, à voile et à moteur. Après quatorze éditions, les deux propriétaires de la société M2O avaient prévu de se retirer. Nous étions déjà partenaires du salon et les constructeurs de multicoques avaient notre confiance, ils savaient que nous voulions conserver l'identité du salon tout en assurant son développement.
Quel a été le montant de la transaction ?
Il reste confidentiel mais je peux simplement vous dire qu'il a été supérieur à ce que nous souhaitions...
Dans quel contexte s'ouvre le salon de La Grande Motte ?
Le secteur de la plaisance vient de connaître trois années record, que ce soit en termes de chiffre d'affaires, de taux d'export et d'immatriculations de bateaux. L'année 2024 s'annonce plus compliquée, nous allons sans doute revenir à la normale surtout au vu du contexte inflationniste, des taux d'intérêt et de l'ambiance géopolitique mondiale qui freinent toujours les activités pour nos clients. Mais le secteur du multicoque s'en sort mieux car il a une meilleure mobilité de prise de commandes. Les charters avaient beaucoup renouvelé leur flotte, donc la contraction de leurs programmes était prévisible, en revanche il n'y a aucune activité de repli de la part des acheteurs privés. Le multicoque continue d'être porté par la France qui représente entre 70 à 80% du marché mondial.