Stock stratégique de masques : pourquoi PRISM accuse le gouvernement de fragiliser la filière française
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Mise à jour le 24 mars à 10h10, avec la réaction du ministère de la Santé.
Christian Curel, fondateur de la société PRISM (Protection contre les Risques Sanitaires et Microbiens) à Frontignan dans l'Héraut, est aussi le président du syndicat des fabricants français de masques (F2M), créé en 2020 à l'aune de la crise du covid-19. En décembre 2022, l'entrepreneur tirait déjà la sonnette d'alarme sur la menace qui planait, estimait-il, sur la filière française du masque, pointant du doigt les acheteurs publics de la santé qui ne favorisaient pas les fabricants français de masques par la prépondérance du critère "prix" dans les appels d'offres et « un phénomène de dumping qui ne pourra pas tenir dans le temps »...
Deux ans plus tard, l'entrepreneur est à nouveau en colère. L'objet de son courroux : les pratiques de Santé Publique France (SPF, établissement public administratif, sous tutelle du ministère de la Santé) concernant le stock stratégique de masques, en particulier de FFP2.
Refaisant la chronologie de l'affaire, il indique que, lancé en juin 2024, l'appel d'offres de SPF visait à constituer un stock stratégique de masques FFP2. PRISM, en groupement avec un autre fabricant, s'est vu attribué en octobre 2024 le lot 3, « représentant 20 % du stock stratégique France », précise-t-il. Après le recours d'une société ayant perdu le lot, « une procédure classique et banale de référé », SPF confirme les notes des candidats, puis le 20 janvier 2025, « elle annule sans justification crédible le lot 3 » et le 3 mars, « SPF informe ne pas vouloir relancer le lot 3 déclaré sans suite ».