Énergie : les paradoxes de la périlleuse transition africaine

Othmane Zakaria
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Dans ce continent où la force musculaire humaine reste la première source d'énergie (80% de l'énergie utilisée dans l'agriculture ; Africa Energy Atlas 2017), le défi énergétique est à la croisée des chemins, posant un dilemme existentiel pour les terriens : comment assurer l'accès généralisé à l'électricité pour les populations, tout en évitant de faire exploser les émissions des gaz à effet de serre ? Comme l'a souligné le directeur général du WWF France, Pascal Canfin, en réaction à la décision climato-sceptique de Donald Trump, «si tout le monde vivait comme les Américains, il faudrait cinq planètes» pour les Terriens. Dans le même registre, un Tanzanien consomme en 8 années, la même quantité d'électricité qu'un Américain «siphonne» en un mois, alors qu'un Ethiopien met 87 fois plus de temps à épuiser le même nombre de kilowattheures qu'un Britannique. En valeur moyenne, la consommation d'électricité par habitant s'établit à 181 kWh en Afrique, contre 13 000 kWh aux États-Unis et 6 500 kWh en Europe. Le paradoxe énergétique pour l'Afrique est donc de taille, puisqu'en quelque sorte, son retard de développement a jusque-là permis de limiter la casse climatique.
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En effet, même si l'on a tendance à l'occulter, l'Afrique est aujourd'hui un continent durable, par la force des choses. Les chiffres récemment compilés par l'Atlas des ressources énergétiques en Afrique, édité conjointement par la Banque africaine de développement et le Programme des Nations Unies pour l'environnement, rappellent à quel point l'empreinte africaine sur le climat est estompée, pour le plus grand bonheur du reste de la planète. D'une part, 70% de l'énergie globale brute consommée sur le continent est dérivée de sources renouvelables (dont les 4/5 en provenance de la biomasse), et de l'autre, la consommation énergétique d'un Africain est de loin la plus basse dans le monde. Résultat: l'Afrique n'est responsable que de 3,3 % des émissions mondiales de CO2, alors qu'elle compte près de 17 % de la population mondiale.
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