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Afrique du Sud : levée de boucliers contre la nouvelle taxe carbone

La Tribune Afrique

Publié le 17 juillet 2019 à 10:09 - Mis à jour le 01 octobre 2025 à 07:09

La compagnie Eskom, premier producteur d'électricité en Afrique du Sud, est considérée comme le plus gros pollueur du pays.

La compagnie Eskom, premier producteur d'électricité en Afrique du Sud, est considérée comme le plus gros pollueur du pays.

Reuters

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Face à une conjoncture économique difficile, marquée notamment par la chute des investissements, les suppressions d'emplois et hausse du prix des carburants et de l'électricité, les industriels appréhendent avec méfiance la nouvelle taxe carbone promulguée en mai dernier.

En dépit de la forte résistance des gros émetteurs de CO2, l'Afrique du Sud, 14e pollueur au monde selon Greenpeace, est devenu le 1er juin le premier pays du continent à introduire une taxe carbone, entièrement à la charge des entreprises et promulguée en mai dernier sur décision du président Cyril Ramaphosa.

Cet impôt, qui existe déjà dans de nombreux pays comme le Canada, la Colombie, la France ou la Suède, vise à réduire les gaz à effet de serre, responsables du réchauffement de la planète.

Les ONG environnementales comme le Fonds mondial pour la nature (WWF) ont salué «une première étape significative», très rare dans un pays émergent, mais ont immédiatement regretté la faiblesse de la taxe, rapporte ce mercredi l'AFP.

Son montant a été fixé à 120 rands (7,4 euros) par tonne de CO2 émise. Mais compte tenu d'abattements fiscaux pouvant aller jusqu'à 95%, son montant variera entre 6 et 48 rands (de 0,4 à 3 euros). Très loin des 40 à 80 dollars d'ici 2020 recommandés pour se conformer aux objectifs de l'Accord de Paris.

«La taxe carbone est plutôt faible, mais très importante symboliquement», reconnaît lui-même Ismail Momoniat, directeur général adjoint du Trésor, dans une déclaration relayée par lAFP, qui promet déjà sa réévaluation à partir de 2023.

La crise économique risque de s'aggraver

Dans les mines, un secteur déjà en crise, 6 800 emplois directs et indirects seraient supprimés dans les deux prochaines années à cause de la taxe carbone, prévient la Chambre nationale des mines. La puissante organisation patronale Busa dénonce une taxe qui va «décourager les investissements étrangers et nationaux» dans un contexte déjà difficile de «chômage, pauvreté et inégalités», rapporte l'AFP.

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Pour l'entreprise Transalloys, fabricant d'alliages de fer qui emploie 400 personnes, réduire les émissions de CO2 est tout simplement impossible, affirme son PDG Theo Morkel. «Pour moi, la seule façon de les faire baisser est de fermer mes fourneaux», assure-t-il à l'AFP, très en colère.

Sur le terrain, l'industrie pétrolière a déjà répercuté la taxe sur les consommateurs en augmentant le prix des carburants de 0,09 à 0,1 rand (moins de 0,06 euro) par litre. Toutefois, la compagnie nationale d'électricité Eskom, plombée par une dette de 26 milliards d'euros, attendra 2023.

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D'ici quatre ans, «le poids de la taxe carbone pour Eskom devrait être de l'ordre de 11,5 milliards de rands (725 millions d'euros) par an», prévient dans une déclaration à l'AFP, Gina Downes, chargée de l'économie de l'environnement dans l'entreprise. Eskom, qui fournit l'essentiel de son électricité avec des centrales à charbon, est le plus gros pollueur d'Afrique du Sud, responsable de 30% de ses émissions de CO2, selon Greenpeace. Celle-ci estime toutefois que le montant fixé par le gouvernement reste insuffisant pour forcer à la réduction des émissions de carbone.

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