Chaine logistique africaine : Et si l'oligopole des transporteurs routiers prenait fin ?
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L'attractivité du continent africain reste, en grande partie, corrélée aux efforts consentis en matière d'infrastructures routières. En effet, le coût du transport de marchandises en Afrique est le plus élevé au monde, selon la Banque mondiale (BM). Une situation devenue un handicap pour l'activité économique, notamment en termes d'investissements privés. La hausse des tarifs de transport empêche également les pays africains de tirer parti de la croissance rapide du commerce mondial. Résultat : les pays dépourvus d'accès au littoral restent enclavés, malgré la libéralisation de leurs régimes commerciaux respectifs.
En termes de valeur, les exportations entre les pays africains sont passées de 12 à 38 milliards de dollars, entre 2000 et 2015. Selon la BM, la part moyenne des exportations intra-régionales se situe à 13 % par rapport à l'ensemble des exportations. Une proportion inférieure au commerce intra-UE (60 % des exportations totales). En termes de coûts, les échanges intra-régionaux en Afrique se situent à près de 50 % de plus que ceux pratiqués en Asie de l'Est. Le continent perd chaque année près de 40 % de son PIB à cause du déficit en transports, alors que la demande en transport en conteneurs devrait augmenter de 6 % à 6,8 % par an, jusqu'en 2040. D'un autre côté, 30 % à 40 % de la valeur des produits importés en Afrique correspondent au coût du transport. Les coûts logistiques sont également 4 à 6 fois plus importants en Afrique subsaharienne que dans les autres pays émergents : faire transiter un container de Tokyo à Mombasa (Kenya), soit 11 840 km, est facturé à 750 dollars. Le coût de transit du même container entre Mombasa et Kigali, soit une distance de 1 437 km, est de 2 250 dollars. Donc pratiquement le triple !
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Une amélioration de la quantité, de la qualité, de la portée des transports commerciaux et des services logistiques nécessaires (supply chain) reste nécessaire à une exploitation efficiente du potentiel commercial du continent. Pour le moment, la logistique commerciale existante (coûteuse et peu développée) est synonyme de frais indirects élevés pour les fabricants, vu qu'une supply chain de qualité modeste accroît les coûts de production et élimine au passage les avantages découlant de la faiblesse de coûts de main-d'œuvre.
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