La Verrerie Ouvrière d'Albi (VOA) devient américaine
Julien Courdesses
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C'est officiel depuis le 29 octobre. En négociations avec Apollo Global Management depuis le mois de juin, le groupe Saint-Gobain a finalement acté la vente de sa filiale Verallia pour un montant de 2,9 milliards d'euros. Le fonds d'investissement américain détient à présent 90 % des parts de Verallia, les 10 % restants sont rachetés par BPI France.
Pour la Verrerie Ouvrière d'Albi, propriété de Verallia depuis 1998, l'arrivée de ce nouvel actionnaire marque une étape symbolique. Fondée à l'initiative de Jean Jaurès, dont la statue en bronze accueille toujours les salariés à l'entrée de l'usine, la VOA était devenue en 1895 la première coopérative ouvrière jamais créée en France. Un statut que l'entreprise conservera jusqu'à la fin des années 80.
Aujourd'hui, l'usine qui produit près de 300 millions de bouteilles en verre par an passe donc sous pavillon américain. Évoqué dès le début de l'année 2015, le rachat par une société étrangère avait alors suscité l'inquiétude chez certains salariés qui n'avaient pas hésité à afficher une banderole sur les grilles de l'usine en guise de protestation. Mais à entendre Sylvain Artigau, délégué CGT de la VOA, la tension est nettement retombée depuis.
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En effet lors du rachat, la société américaine (qui est devenue récemment actionnaire majoritaire du groupe toulousain Latécoère) a notamment validé le plan stratégique établi par la direction de Verallia, qui est aujourd'hui encore le premier interlocuteur de la VOA d'Albi. Ainsi, pour les trois prochaines années, le nouvel actionnaire s'engage à maintenir le nombre d'emplois et à ne fermer aucun four.
Julien Courdesses