Aéronautique : "stopper le système de cooptation qui pénalise les femmes"

Sophie Arutunian

Sophie Arutunian
"Au Bourget, les cravates auront sûrement l'avantage numérique sur les talons hauts." Nathalie Candalot, présidente de la société Haut-Pyrénéenne Agiliteam, ne prend pas trop de risques avec cette prévision. La cheffe d'entreprise (récompensée aux Trophées de l'Aéronautique La Tribune en 2014) fait en effet partie des rares femmes dirigeantes d'entreprise représentées au Gifas (Groupement des Industries Françaises Aéronautiques et Spatiales) : elles sont 21 sur 376. Avec l'appui de la FCE, fédération des femmes chefs d'entreprises, elle coorganise un événement inédit, le 22 juin prochain à 15 heures, lors du Salon du Bourget, les FCE-Aero Awards :
La cérémonie a pour objectif de valoriser la filière, de mettre en lumière des femmes pour susciter des vocations et d'encourager les femmes à la reprise d'entreprises dans cette filière. "On peut saluer le courage de certaines femmes, à l'image d'Anne-Charlotte Fredenucci (Groupe Deroure) ou Anne-Sophie Catherineau (Catherineau), qui ont repris les entreprises de leur père et grand-père, malgré le poids des traditions. Ce n'est pas facile, assure Nathalie Candalot. Il y a aussi des femmes aux parcours d'élite, qui ont fait de grandes écoles et qui autant de mérite que les hommes."
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Pour expliquer le peu de femmes à la tête des entreprises de l'aéronautique, Nathalie Candalot avance des retards dans les mentalités ("l'industrie aéronautique, c'est de la science, un domaine encore peu investi par les femmes, même si c'est en train de changer"), mais aussi le poids des réseaux et des pratiques de cooptation :
Actuellement, les jeunes femmes représentent seulement 15 à 20 % des effectifs dans les écoles d'ingénieurs. L'avionneur Airbus compte environ 20 % de femmes dans ses effectifs.
Sophie Arutunian