L'usine Bosch de Rodez loin d'être sauvée

Pierrick Merlet

Bosch Rodez
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Bosch Rodez
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Avec 1 540 emplois, l'usine Bosch de Rodez est le premier employeur du département de l'Aveyron. Ce site industriel industriel a tellement une grande importance pour le territoire que les habitants la surnomme même "La Bosch". C'est donc tout un symbole qu'est venu découvrir la secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie, Agnès Pannier-Runacher, mardi 26 février.
La membre du gouvernement a ainsi pu découvrir l'une des deux lignes de production du site consacrée aux injecteurs pour moteur diesel. Actuellement celle-ci est en pleine phase de rénovation afin de produire d'ici quelques semaines des injecteurs CRI2-20, adaptés aux nouvelles normes européennes sur les émissions de CO2, qui entreront en vigueur en septembre 2019. L'autre ligne de production d'injecteurs quant à elle ne sera pas rénovée et arrêtera de fonctionner à terme.
La visite était menée par Olivier Pasquesoone, directeur de l'usine Bosch de Rodez (au centre), en compagnie de Heiko Carrié, président de la filiale France-Benelux de Bosch (à droite)./ (Crédits : Pierrick Merlet).
Et tout l'enjeu est là... La secrétaire d'État a visité ce jour-là une usine dans laquelle aucun salariés- n'était en poste. "Depuis le début de l'année 2019, nous avons entre 4 et 5 jours d'arrêt de la production chaque mois pour faire face à la baisse d'activité en lien avec la baisse du marché du diesel en France et en Europe", signale Olivier Pasquesoone, directeur de l'usine Bosch de Rodez, à Agnès Pannier-Runacher.
Ces arrêts provisoires de l'activité sont réalisés dans le cadre de l'accord de transition signé en juillet 2018 entre la direction de Bosch France-Benelux et des syndicats. En l'échange de la modernisation d'une des deux lignes de production contre 14 millions d'euros, Bosch s'engage à maintenir les emplois actuels sur le site jusqu'en 2021, avec du chômage partiel. En plus d'être financé par l'État et l'entreprise, le groupe allemand a voulu qu'une partie de ce chômage partiel soit également financée en étant directement ponctionnée sur la prime d'intéressement des salariés de l'usine de l'Aveyron. Cet arrangement doit ainsi permettre parallèlement, à un groupe de réflexion composé d'une dizaine de personnes, de trouver de nouvelles activités qui pourraient être assurées au sein de la Bosch par ses salariés.
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La secrétaire d'État, lors de cette visite, était accompagnée de la préfète de l'Aveyron, Catherine Sarlandie de la Robertie (à sa gauche) et du président du Ceser Occitanie, Jean-Louis Chauzy (situé derrière elle)./ (Crédits : Pierrick Merlet)
Seulement, pour le moment les pistes identifiées, comme l'aéronautique, l'hydrogène, ou encore la reprise de production de pièces actuellement sous-traitées par Bosch, n'assurent le maintien que de 150 emplois en 2021 sur les 300 menacés. Alors comment sauver les 150 restants ?
Du côté des syndicats, on est certain que le maintien du site industriel peut se décider au niveau de l'État grâce à une décision symbolique.
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Le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire s'est montré récemment ouvert à cette idée. Néanmoins, des élus locaux ont dernièrement écrit au Premier ministre, Édouard Philippe, pour insister sur la nécessité d'un tel changement sur ces vignettes. Ces mêmes élus locaux sont attendus en Allemagne, à Stuttggart, le 15 mars, pour rencontrer la direction générale du groupe, avec la direction France, afin d'évoquer l'avenir du site industriel de l'Aveyron.
Pierrick Merlet