Xpage ou Alcentra ? Voici le nom des deux potentiels repreneurs qui semblent se dégager pour reprendre l'institut BVA, dont le siège social est à Toulouse. Si le tribunal de commerce doit rendre sa décision le 15 septembre, la direction actuelle qui porte l'offre Xpage s'inquiète de voir l'entreprise tomber dans l'escarcelle du fonds anglais alors que, selon elle, leur offre "est mieux-disante", aussi bien sur le plan social que financier. Ce qui n'est pas totalement faux. Les explications.Le dossier BVA, du nom de l'institut de sondages basé à Toulouse et placé en redressement judiciaire depuis le 5 juin, prend de l'ampleur. Au lendemain de la mobilisation des salariés, à Toulouse, en faveur de l'offre de reprise Xpage portée par le management actuel, c'est au tour de la direction elle-même de se faire entendre - plutôt discrète jusque-là - en la personne de Pascal Gaudin, directeur général de BVA Group.
"Est-il normal que le tribunal de commerce de Toulouse hésite, comme repreneur, entre un fonds de dettes anglais, responsable de la situation actuelle, et une offre du management actuel, soutenue unanimement par tous les salariés, totalement financée par une banque française ?", s'étonne amèrement le dirigeant.
Ce dernier est membre du directoire de BVA depuis 2002. À cette époque, Pascal Gaudin et Gérard Lopez (l'actuel président de BVA Group et qui porte l'offre de l'équipe actuelle, Xpage) rachètent, par le biais de leur société KHI2, l'entreprise toulousaine qui réalise alors 10 millions d'euros de chiffre d'affaires. Près de 20 ans plus tard, BVA a franchi la barre des 200 millions d'euros en 2019 et un Ebitda de plus de 20 millions.
Un manque de liquidités était craint dès la fin août
Mais aujourd'hui, cette belle dynamique, qui devait se poursuivre avec des opérations de croissance externe, est à l'arrêt depuis le 5 juin. Date à laquelle BVA Group a été placé en redressement judiciaire auprès du tribunal de commerce de Toulouse, avant un plan de cession.
"La crise sanitaire de la Covid-19 a stoppé notre activité. Pour passer la vague, les banques étaient prêtes à consentir à un PGE. Seulement, pour l'obtenir, nous devions obtenir l'aval de notre principal créancier, le prêteur anglais Alcentra, qui nous a accompagné dans notre développement via une opération LBO (financement par de la dette, ndlr). BVA Group s'est vu refuser ce PGE par Alcentra à un moment crucial. À partir de cela, le manque de liquidités allait être critique dès la fin août", raconte Guillaume Foucaut, le porte-parole de BVA Group,confirmant les récentes révélations de La Tribune, tout en soulignant qu'Alcentra a aussi refusé l'option d'un plan de continuation.
Dans ce contexte, la direction de l'entreprise toulousaine et ses salariés ne comprennent pas pourquoi le juge-commissaire, à l'issue des audiences des candidats à la reprise au tribunal mercredi 9 septembre, se positionnerait favorablement envers l'offre d'Alcentra. À moins que...