L'annonce avait été vécue comme une déflagration sur l'ensemble du département de l'Aveyron en début d'année. Imaginer le premier employeur privé du territoire, à savoir Bosch, supprimer 750 emplois sur 1.250, était impossible pour de nombreux acteurs locaux jusqu'à cette réunion décisive du 5 mars.
"Nous nous sommes arrêtés sur la jauge de 500 personnes car, certes c'est une adaptation forte et une fourchette basse, mais elle va nous permettre d'offrir une vraie garantie pour l'avenir de l'usine Bosch de Rodez et de belles perspectives d'avenir. Par ce maintien, nous reconnaissons le savoir-faire de nos collaborateurs sur ce site et nous avons cherché la solution la moins pénible pour eux", déclarait alors àLa TribuneHeiko Carrie, le PDG de Bosch France Benelux.
À l'époque, le gouvernement et le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, percevaient cette annonce comme une victoire face à la promesse tenue du maintien du site industriel ruthénois, mais à quel prix ? Quelques mois après, les négociations sont bloquées en raison d'un point d'achoppement et les salariés sont toujours dans un brouillard social.
"Il y a un sujet très problématique voire bloquant dans ces négociations. Nous avions cru comprendre que cette réduction des effectifs au sein de la Bosch de Rodez se ferait sans licenciements contraints. D'après les premiers documents fournis et les premières discussions, cet engagement ne tient qu'à fin 2025 et non fin 2027, date de fin annoncée de la restructuration. La direction annonce que si nous dépassons les 550 salariés sur le site fin 2025, ils lanceront une nouvelle procédure qui pourrait prendre cette fois-ci la forme d'un PSE", explique à La TribunePascal Raffanel, le délégué syndical CFE-CGC de l'usine Bosch à Rodez.
Pour le moment, cette procédure majeure est officiellement un plan de départs volontaires autonomes. Ainsi, la direction envisage 450 départs via un plan de départs en retraite anticipée, et 140 à 180 départs volontaires. Pour motiver les intéressés, des primes de licenciements ont été promises, ainsi que des indemnités supra-légales et des primes à la création d'entreprise.