"La bonne gestion du congé maternité est un levier important pour l'égalité homme-femme"

Florine Galéron
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"La maternité comme point de basculement dans la carrière des femmes", c'est le titre de la thèse que s'apprête à soutenir Camille Desjardins, doctorante au sein de la Toulouse School of Management (Université Toulouse 1 Capitole). Cette jeune chercheuse a mené en compagnie de Marion Fortin, professeure de gestion et directrice du programme doctoral de l'établissement, une étude pour mesurer l'impact de la grossesse sur la trajectoire professionnelle des femmes dans le cadre du projet de recherche Judy (Justice Dynamics in Organisation) financé par l'Agence nationale de la recherche. Les résultats de cette enquête sont édifiants.
LA TRIBUNE - Pouvez-vous nous raconter comment s'est déroulée votre étude ?
CAMILLE DESJARDINS - Depuis 2019, nous avons interrogé 35 femmes hautement qualifiées, du bac+3 au doctorat. Les participantes sont âgées de 26 à 41 ans et vivent toutes en France. Nous les avons interrogées à quatre reprises : lorsqu'elles ont annoncé leur grossesse, à la fin du congé de maternité avant leur reprise d'activité, trois mois après le retour au travail et enfin six mois après leur reprise.
MARION FORTIN - Même si beaucoup de progrès ont été réalisés sur d'autres aspects de la maternité, le biais de genre reste très fort en France au travail. De récentes études quantitatives montrent que le désavantage en termes de salaire ou de progression de carrière est particulièrement prononcé pour les femmes ayant des enfants, qui plus est au sein de la population hautement qualifiée.
Quels résultats avez-vous obtenus au terme de cette série d'entretiens ?
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CAMILLE DESJARDINS - Même si pour quelques femmes tout s'est bien passé, nous avons tout de même remarqué que 80% des participantes avaient rencontré au moins une injustice soit pendant la grossesse, pendant leur congé maternité ou à leur retour. Il est intéressant de remarquer qu'il existe beaucoup de points communs entre toutes les participantes, qu'elles travaillent dans le privé, dans le public, dans de petites ou de plus grandes structures.
Florine Galéron