Huit experts de l'aéronautique et du spatial créent le cabinet ACDC Partners

Sophie Arutunian

Sophie Arutunian
"C'est avant tout une histoire d'hommes", se plaît à raconter David Corceiro, l'un des 8 fondateurs d'ACDC Partners. Spécialiste des fusions / acquisitions, cet ancien directeur financier d'Aeroconseil, passé chez Safran et Akka Technologies, fait, à 39 ans, figure de cadet parmi les fondateurs du cabinet : Jack Barbieux, André Benhamou, Henri Brochet, Thierry Misson, Daniel Malfroy, Vincent Lavignolle et Patrick Gavin. Tous ont derrière eux une carrière poussée dans l'aéronautique, le spatial et les systèmes embarqués. Ils sont passés par les plus grandes entreprises (pêle-mêle : Rockwell Collins France, Liebherr, Thales Alenia Space, Airbus, Air France Industries, Bureau Veritas, Aeroconseil... ). Mais l'esprit d'entreprendre, ça ne s'explique pas : ces "experts" d'une moyenne d'âge de 60 ans, amis, ont ainsi décidé de lancer en juillet 2014 un cabinet de conseil en stratégie, orienté PME / ETI. Qu'il s'agisse de management, de pilotage de croissance, de performance opérationnelle, de fusion acquisition ou de restructuration, rien ne leur est étranger.
ACDC Partners joue sur sa différence :
Et ces clients, justement, sont principalement des petites entreprises. ACDC part d'un constat largement partagé : Midi-Pyrénées compte beaucoup de petites sociétés et peu d'ETI.
Ainsi, ACDC Partners travaille par exemple avec 20 PME d'Aerospace Valley pour les accompagner dans leurs programmes de diversifications à l'export.
Autre exemple d'intervention : l'ingénierie. Le cabinet a été approché par un gros groupe allemand d'ingénierie qui souhaite rester "E2S (Engineering Synergy Suppliers)", c'est-à-dire partenaire de rang 1 d'Airbus. En effet, dans un contexte où l'avionneur a décidé de rationaliser son panel de fournisseurs de services, c'est une véritable compétition qui s'est engagée pour faire partie du fameux panel des 16 "E2S" choisies par Airbus.
Par ailleurs, compte tenu de la baisse de charge en ingénierie, et d'ici à 2020, environ 6 000 postes peuvent être supprimés. "Certaines de ces sociétés devront revoir leur positionnement et nous pouvons les y aider."
La particularité du cabinet ACDC Partners ne tient pas seulement dans son nom qui rappelle le groupe de rock mythique. Les "consultants"du cabinet sont également... investisseurs.
"Nous avons, grâce à nos fonds propres, nos capacités propres d'investissement. À quatre, nous nous sommes récemment portés acquéreurs d'une société, Toulouse Air Spares, en parallèle d'ACDC Partners", explique André Benhamou. "Mais libre à chacun d'entre nous de faire ses propres investissements. Le cabinet n'est pas l'investisseur, ce sont les actionnaires du cabinet qui le sont", précise-t-il.
Et la notoriété de ces investisseurs a un avantage certain : un effet de levier.
Les huit experts ont également un réseau particulièrement intéressant chez les "family office", ces particuliers richissimes qui investissent dans des entreprises. "Ils se disent : si ACDC y va, on y va aussi ! Nous apportons la légitimité, la crédibilité", commente l'associé.
Enfin, auprès des fonds d'investissement aussi, le cabinet fait du lobbying :
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Car, pas de doute, pour le spécialiste de la fusion / acquisition, une entreprise qui veut grossir doit faire du chiffre d'affaires, et pour cela, ne peut pas ignorer la croissance externe.
"Racheter une société peut être le début des ennuis. Nous sommes là pour que ce soit le début d'une belle histoire."
Quoi qu'il en soit, pour ACDC Partners, l'histoire commence bien. L'entreprise a présenté plus de 50 fois son projet à des prospects et a déjà signé 8 contrats pour 500 000 euros de CA depuis juillet dernier.
Sophie Arutunian