Pourquoi les lycéens se révoltent à Toulouse ?

Pierrick Merlet

mouvement des lycéens à Toulouse
Coline Dupuy

Pierrick Merlet

mouvement des lycéens à Toulouse
Coline Dupuy
Les images sont choquantes. Aux alentours de 9h30 mardi 4 décembre, un feu de poubelles volontaire, lors d'un blocus des élèves, a propagé un incendie dans tout le hall d'accueil du lycée Saint-Exupéry de Blagnac (31).
Face à de telles violences, le proviseur du lycée a annoncé son intention de porter plainte pour trouver les coupables. Seulement, d'autres établissements ont aussi été victimes de débordements similaires, de moindre ampleur.
Ainsi, le préfet a pris la décision d'interdire la vente au détail du carburant dans tout le département de la Haute-Garonne jusqu'au dimanche 9 décembre minuit. Les consommateurs pourront donc faire le plein de leur voiture uniquement, mais ils ne pourront pas remplir des bidons, par exemple.
Selon la préfecture, sept personnes ont été interpellées en réponse à ces actes de violence qui touchent la Ville rose et l'agglomération depuis lundi 3 décembre. Pour justifier un tel mouvement, les lycéens mettent en avant, en plus d'un soutien aux gilets jaunes, deux réformes qui leur posent problème.
Le ministre de l'Éducation, Jean-Michel Blanquer, a présenté le 14 février dernier une réforme du lycée qui contient notamment une modification du baccalauréat dès la session 2021. À cette date, le diplôme ne comptera plus que quatre épreuves terminales dont un oral, contre une dizaine aujourd'hui. Ce dispositif laissera ainsi place à davantage de contrôle continu, pour 40 % de la note finale.
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Autre sujet de mécontentement chez les lycées, la loi ORE pour Orientation et réussite des étudiants. Promulguée en mars 2018, cette loi doit permettre de réduire le taux d'échec scolaire en première année d'études supérieures à travers une refonte du système d'admission à l'université. Pour cela, le gouvernement a remplacé la plateforme APB par la plateforme Parcoursup. Ce portail numérique permet aux élèves de faire savoir leurs vœux d'études supérieures une fois le bac obtenu, et d'entamer les démarches d'inscription auprès des universités. Seulement, les élèves craignent des discriminations car les universités peuvent désormais choisir leurs futurs étudiants en fonction des compétences demandées par le cursus en question, ce qui n'était pas le cas pour toutes les filières auparavant.
Mais les manifestations contre ces textes législatifs ont durement impacté la Ville rose. Tout d'abord, en terme de mobilité. Ces deux derniers jours, le réseau de transports en commun toulousain Tisséo a été dans l'obligation d'arrêter pendant plusieurs heures l'ensemble de son réseau (bus, tram et métro). La circulation étant coupée parfois dans l'hypercentre toulousain, même trouver un taxi est rapidement devenu une mission impossible.. Ces difficultés pour se déplacer ont des conséquences économiques pour les commerces de Toulouse.
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Le marché de Noël sur la place du Capitole, en plein cœur de Toulouse, subit également de plein fouet ces mouvements sociaux. Depuis le samedi 1er décembre, celui-ci fait l'objet de fermetures successives de plusieurs heures chaque jour à la demande du préfet. Ce dernier, par mesure de précaution, a également demandé à reporter la rencontre sportive opposant le Toulouse Football Club et l'Olympique Lyonnais samedi 8 décembre au Stadium de Toulouse.
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