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Entreprises - La Tribune MontpellierTIC - La Tribune Montpellier

Les VTC Uber officiellement à Montpellier

Photo de Cécile Chaigneau

Pauline Compan

Publié le 27 septembre 2017 à 16:03 - Mis à jour le 28 septembre 2017 à 07:52

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Après UberEATS le 6 septembre, Uber France lance officiellement son application de transport sur la Métropole de Montpellier. Si des VTC sont déjà présents sur la plate-forme, ce lancement annonce une stratégie plus offensive et un développement du service selon Raphaël Morel, responsable du développement réseau chez Uber France.

Que signifie un lancement officiel de l'application Uber à Montpellier ?

Un lancement officiel signifie la constitution d'équipes de support, présentes pour les chauffeurs plusieurs fois par mois. Nous allons également investir les réseaux sociaux, développer le marketing et nouer des partenariats avec des acteurs locaux.

Pourquoi avoir choisi Montpellier pour devenir la 11e ville officielle du service en France ?

Le pic d'utilisation constaté pendant l'été s'est prolongé avec la rentrée. Les touristes utilisent donc Uber, mais aussi les Montpelliérains : les étudiants pour leurs activités festives et la clientèle business, en journée.

Comment devient-on chauffeur Uber ?

Devenir chauffeur professionnel VTC est un parcours de six mois avec une formation, un examen et une société à créer. Il faut ensuite acquérir un véhicule et une assurance. Les voitures sont des berlines de plus de 4,5 m, de type Peugeot 508 ou Renault Laguna. À bord, nous n'avons pas vocation à imposer des standards, mais nous pouvons faire remonter les attentes de nos utilisateurs. Actuellement Montpellier compte une dizaine de chauffeurs.

Montpellier présente-t-elle des spécificités ?

Beaucoup de demandes se font la nuit, quand l'offre de transport en commun est réduite. On peut comparer avec Nantes qui enregistre 60 % des courses entre 20h et 5h du matin.

Combien gagne un chauffeur en moyenne ?

C'est variable selon l'endroit et le moment où il se connecte. Une étude BCG, réalisée pour le compte d'Uber, établit une moyenne entre 1 500 et 1 700 € net par mois, pour 50 à 52h/semaine. C'est beaucoup, mais ce sont des horaires classiques sur le transport.

Comment assurez-vous la sécurité de vos utilisateurs et de vos chauffeurs ?

En amont, nous effectuons un contrôle exhaustif des papiers : carte grise, assurance, kbis, antécédent judiciaire. Mais on peut aussi demander des mises à jour. Nous assurons aussi un rôle d'information et de sensibilisation auprès de nos chauffeurs pour rappeler les règles de sécurité à respecter. Uber cherche également à nouer des partenariats comme en juin dernier avec Axa  (protection des travailleurs indépendants du numérique).

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Uber a reconnu avec commis des « erreurs » par le passé. Quelles sont-elles ? Quelles solutions ont-elles été mises en place ?

Notre nouveau DG Steve Salom veut un virage stratégique d'une croissance très rapide, vers une croissance plus durable. C'est une nouvelle ère, plus ouverte sur le dialogue. Il faut prendre le temps d'écouter les utilisateurs et les chauffeurs -en donnant la possibilité aux usagers d'ajouter un pourboire à leur course, par exemple. De plus, nous souhaitons nous inscrire dans l'écosystème des transports et contacter les différents acteurs.

Quel regard portez-vous sur la situation d'Uber à Londres (où il vient de perdre sa licence) ou au Québec (où un renforcement des règles de sécurité l'a poussé à se retirer) ?

Ces développements internationaux sont regardés, mais ils sont très différents du contexte local. Nous n'avons pas les mêmes méthodologies et règles. Il est vrai que c'est négatif en terme d'image, mais nous travaillons avec notre nouveau DG pour faire mieux en France.

Les taxis de Montpellier réagissent

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Avec l'arrivée de l'emblématique entreprise Uber, Objectif Languedoc-Roussillon a demandé à deux présidents de syndicat de taxis de l'Hérault leur sentiment et leur regard sur l'évolution des VTC.

Bernard Crebassa, président de la Fédération des Exploitants Taxis de l'Hérault et formateur à l'Unams.

Je suis plus inquiet des conditions d'exercice de ces chauffeurs, qui seront soumis à des charges de chef d'entreprises, beaucoup d'heures et un salaire minimum. Ne leur vend-on pas du rêve ? Le métier de VTC a évolué cette année avec un nouvel examen, ils ne doivent donc pas ignorer la loi. Je sais que beaucoup respectent les règles, mais la précarité peut pousser à faire des bêtises. Nos fédérations réfléchissent à une évolution de nos tarifs et les contrôles mis en place doivent être les mêmes pour tout le monde. Uber est bon sur le réseau, les taxis doivent se regrouper et apprendre de leurs concurrents.

Serge Viguier, président de la Fédération départementale de Taxis

C'est une concurrence déloyale, ils ne payent pas de charges fiscales et sociales en France et ils proposent un travail précaire. Les VTC seuls ont du mal à se faire connaître comme professionnels car contrairement aux taxis, ils ne peuvent pas effectuer de maraudes ou de stationnement sur la voie publique. Notre fédération a, elle aussi, une application MonAppliTaxi, ce n'est pas qu'une question de plate-forme. Nos tarifs sont critiqués, mais il faut savoir que sur une course il y a : 10 % de TVA, 44,3 % de cotisations, 33 % d'impôts et le reste pour nous !

Pauline Compan

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