Série (2/4) – La désormais incontournable question de la sobriété énergétique est cruciale également dans les stations de sport d’hiver. Ces équipements touristiques, atouts indéniables de l’économie des territoires, doivent eux aussi réfléchir (et agir) pour réduire leurs consommations énergétiques. Dans l’ex-Languedoc-Roussillon, les stations de Font-Romeu, des Angles ou du Mont-Aigoual planchent sur leur copie. Avec des disparités de moyens.Alors que la saison estivale se termine à peine, la saison d'hiver se profile déjà, avec une question dans tous les esprits dans les stations de ski : comment absorber la folle augmentation des coûts de l'électricité sans pénaliser l'expérience client, afin de ne pas mettre les stations en danger ?
Alors que le secteur a déjà été durement éprouvé par deux années de crise sanitaire, l'équilibre des trésoreries fait en effet les frais de l'envolée des prix de l'électricité (le 26 août, le mégawattheure franchissait le seuil des 1.000 euros). Une situation qui pourrait même empêcher l'ouverture de certaines stations.
Si la réflexion sur une nécessaire sobriété énergétique a déjà été lancée dans certaines stations depuis plusieurs années, elle se trouve accélérée par le contexte géopolitique. Le gouvernement a sommé toutes les entreprises françaises de réduire de 10% leurs consommations. Alors chaque station, dirigée par un exploitant en délégation de service public, fourbit sa stratégie et évalue les pistes de travail. Mais les possibles solutions à déployer dans les stations de ski et l'accès à ces solutions présentent des disparités selon les stations.
Ralentir les remontées mécaniques
Dans les Pyrénées-Orientales, Jacques Alvarez est le directeur de la station de ski Font-Romeu-Pyrénées 2000, chez Altiservice (qui gère également la station de Saint-Lary-Soulan, dans les Hautes-Pyrénées). Font-Romeu-Pyrénées 2000, c'est la 3e station des Pyrénées françaises, avec 43 pistes de ski alpin et 110 kms de pistes de ski de fond, et une fréquentation de 515.000 journées/skieurs en ski alpin et 25.000 en ski de fonds. Soit un chiffre d'affaires de 14 millions d'euros l'hiver dernier, fruit des forfaits de remontées mécaniques. La station emploie 200 personnes en hiver (dont 35 permanents) et annonce quelque 1.000 emplois indirects. Et Jacques Alvarez le rappelle : « 1 euro dépensé sur les remontées mécaniques, c'est 7 euros de retombées dans l'économie locale ».