Fragilité du pouvoir
Robert Jules
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En politique, tout est possible ! C'est-à-dire le pire et le meilleur. La raison en est que son expression la plus haute, la détention du pouvoir, en particulier dans une démocratie, ne tient qu'à un fil, et offre ainsi les retournements les plus inattendus. Trois exemples dans l'actualité l'illustrent.
Ainsi en est-il de l'incroyable hypothèse d'un retour de Silvio Berlusconi aux affaires. Les jours du « Professore » Mario Monti à la tête du conseil sont en effet comptés. En lui retirant son soutien, le parti du Peuple de la liberté (PDL), la formation du « Cavaliere », le condamne à la démission. Ce qu'il va faire mais à condition que les députés votent son projet de budget, qui prévoit notamment une hausse de la TVA, une mesure qui a ligué contre ce « technocrate », qui n'aura jamais eu l'onction du peuple, tous les corporatismes de la Péninsule. Quand au magnat milliardaire des médias, malgré ses quatre mandats comme Premier ministre, sa condamnation de quatre ans pour corruption, et son procès pour prostitution de mineure, il veut à 76 ans revenir au pouvoir pour « sauver l'Italie ». Reste à savoir si ses concitoyens lui en donneront la possibilité, rien n'est moins sûr. Car s'ils sont en colère contre la politique d'austérité que leur a infligée Mario Monti, ils n'ont pas oublié pour autant qu'elle découlait de la gestion calamiteuse qui a mené le pays au bord de la ruine d'un certain Berlusconi. Et lundi, les marchés obligataires devraient le leur rappeler...
Au Venezuela, c'est une tumeur maligne qui pourrait avoir raison de l'animal politique qu'est Hugo Chavez. Après avoir brillamment remporté un troisième mandat en octobre, sans contestation, l'ancien officier parachutiste a d'une part annoncé devoir s'envoler à La Havane (Cuba) pour subir de nouvelles opérations, et, d'autre part, indiqué qu'en cas d'impossibilité d'exercer le pouvoir, il désignait son vice-président, Nicolas Maduro, pour lui succéder. Selon la constitution, Nicolas Maduro, un ancien conducteur du métro de Caracas, doit assumer en tant que vice-président le pouvoir en cas de vacance, au moins jusqu'à ce que débute officiellement le nouveau mandat d'Hugo Chavez, le 10 janvier. Il faut légalement un délai minimum de 30 jours avant que de nouvelles élections soient organisées. Celui qui, depuis qu'il exerce le pouvoir en 1999, a nationalisé plus de 1.000 entreprises a imprimé durablement sa marque dans l'organisation sociale du pays. Sa disparition serait de nature à fragiliser un pays, qui reste encore largement dépendant de la rente pétrolière, subit une inflation supérieure à 25% et compte parmi les pays sud-américains qui ont le plus fort taux de criminalité.
Robert Jules