Oligarques russes, la fin d'une époque
Robert Jules
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Le week-end passé a été fatal pour les oligarques russes : ceux qui étaient clients des banques chypriotes vont perdre une large partie de leurs avoirs, Boris Berezovski se serait suicidé dans des circonstances qui restent à éclaircir, et une rumeur lundi après-midi annonçait l'arrestation par le FBI aux Etats-Unis de Roman Abramovitch, connu à travers la planète pour être propriétaire du club de football londonien Chelsea, en lien avec la disparition du précédent.
Les oligarques russes ont dominé le monde des affaires ces deux dernières décennies. Ils avaient émergé dans les années 1990, lorsque Boris Eltsine avait accédé à la présidence de la Russie, et liquidé l'héritage de l'URSS, en faisant basculer sans ménagement son pays de l'économie planifiée à l'économie de marché.
Ils étaient jeunes, brillantissimes, dévorés d'ambition, sans morale, opportunistes. Ils ont mis la main, sans s'encombrer d'un quelconque cadre juridique et pour une bouchée de pain, sur d'immenses ressources naturelles ou en développant des affaires dans l'alimentaire, le jeu, les médias... pour devenir milliardaires et dominer un monde des affaires de l'ère postsoviétique où s'imbriquaient étroitement mafia, militaires, politiciens... C'était l'époque des lourdes blagues sur les riches : « Boris, vous avez déjà changé votre Porsche ? Oui, le cendrier était plein. »
L'arrivée d'un ancien agent du KGB, Vladimir Poutine, dauphin choisi par Eltsine pour lui succéder, va limiter les ambitions des oligarques. Poutine place en effet ses hommes aux postes clés, des anciens des services secrets soviétiques. Mikhaïl Khodorkovski, patron géant pétrolier Ioukos, jugé trop proche des Américains et trop gênant par ses ambitions politiques, sera jeté en prison sans ménagement. Son empire sera démantelé. Le maître du Kremlin avait fait un exemple.
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Boris Berezovski était un autre exemple de l'oligarque imprudemment devenu opposant à Poutine. Il devra s'exiler en Angleterre où il se serait donc suicidé en fin de semaine dernière dans des conditions qui restent à éclaircir. cet été, il avait perdu son procès contre son ex-protégé Roman Abramovitch, bien plus prudent sur le plan politique, à qui il réclamait 3 milliards de dollars.
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