Idée reçue (5/5): c'est en France que le travail est le plus taxé

Ivan Best
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Ivan Best
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
Cela paraît évident, c'est l'un des défauts majeurs de notre système fiscal: en France, on taxe beaucoup trop le travail, nettement plus qu'ailleurs, ce qui nuit bien sûr à l'emploi. La France est l'un des pays, en effet, où le poids de cotisations patronales de sécurité sociale (à la charge des employeurs) est le plus lourd. C'est ce qui contribue du reste, largement, à un niveau de prélèvements obligatoires total plus élevé que la moyenne des pays industriels.
Selon les statistiques de l'OCDE, les cotisations patronales représentent en France 11,3% du PIB, soit plus de deux fois la moyenne de l?OCDE. A titre de comparaison, elles ne pèsent que 6,7% de la richesse nationale en Allemagne, ou 3,8% en Grande-Bretagne.
Pour autant, affirmer que c'est la France qui taxe le plus les revenus du travail est une erreur. Les statistiques disent le contraire, à rebours de cette idée reçue. Eurostat calcule un taux implicite de taxation sur ce que les économistes appellent les facteurs de production, notamment le travail. Il s'agit simplement d?évaluer le poids des prélèvements obligatoires sur les revenu du travail, rapportés à ceux-ci.
Or que voit-on, à la lecture de « Taxation trends in the European Union », publié en avril par Eurostat ?
Que la France se situe non pas au premier rang européen mais au septième des pays de l?UE. Et que l'Allemagne, ce « modèle » des années 2010, n'est pas si loin. Le taux global de taxation du travail est de 38,6% en France, contre une moyenne de 35,8% en Europe. L'Allemagne est également au dessus de la moyenne européenne, à 37,1%.
La Belgique et l'Italie imposent beaucoup plus le travail que la France (ces pays se situent au-delà de 42%), tandis que la Suède, la Finlande, et l'Autriche, se placent un peu au dessus du niveau hexagonal.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

À lire également
Comment expliquer ce paradoxe de lourdes cotisations, beaucoup plus lourdes qu?ailleurs vilipendées par le Medef, mais aboutissant à une taxation globale du travail qui est loin de battre des records ?
Ivan Best