La gauche redécouvre les vertus de l'entreprise
Fabien Piliu
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Du coin des lèvres et sous les ors de la République, la majorité commence à l'admettre : l'entreprise, son fonctionnement, ses problématiques, sa capacité à créer de la valeur étaient un peu sortis de son esprit. Et si la révolte des Pigeons, jugée outrancière par le gouvernement et les parlementaires de la majorité, avait finalement réveillé certaines consciences au sein d'une partie de la gauche ?
Un petit retour en arrière s'impose. En octobre, quelques chefs d'entreprises auto-baptisés Pigeons se révoltent contre l'article 6 du projet de loi de finances 2013 qui prévoit l'intégration obligatoire dans le revenu imposable des plus-values de cessions d'entreprises. Les Pigeons ont obtenu en partie gain de cause.
Tirer les enseignements de l'affaire des Pigeons
Pourquoi le gouvernement a-t-il reculé ? Parce que les arguments des Pigeons étaient justes ? Le gouvernement l'a admis implicitement en battant rapidement en retraite sur une partie du texte initial. Cette reculade trouve aussi son origine dans le mouvement de sympathie entrepreneuriale qui a accompagné les Pigeons.
Certains chefs d'entreprises mécontents se sont même engouffrés dans la brèche pour tenter de faire plier l'exécutif. Avec plus ou moins de succès, des « moutons » et des « moineaux » ont ainsi fait l'actualité cet automne. Mais il n'y a pas que les chefs d'entreprises qui ont soutenu les Pigeons. Alors que le nombre de demandeurs d'emplois ne cesse de grimper, de nombreux Français ont vu d'un mauvais ?il toute mesure susceptible de fragiliser les entreprises.
Y-a-t-il eu une erreur de casting?
Comme si les Français, dont une majorité des électeurs avait voté pour François Hollande en mai, ne reconnaissait pas au chef de l'Etat et à son gouvernement la capacité de redresser l'économie ! Comme s'il y avait eu une erreur de casting ! Comme si la gauche pouvait rendre la société française plus juste tout en étant incompétente à réformer l'économie !
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Ce procès d'intention était-il justifié ou apparaissait-il trop facile ? La droite était-elle vraiment la seule compétente en ce domaine ? Les think tank classés à gauche (Terra Nova, la Fondation Jean Jaurès, La fabrique de l'industrie, le Laboratoire des idées...) étaient-ils à court de suggestions pour créer de la richesse ? Certes non.
Fabien Piliu