L'autonomie des partenaires sociaux : le patient et tenace combat du Medef
Jean-Christophe Chanut
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
Jean-Christophe Chanut
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
L'initiative est encore rare ! Les organisations patronales (Medef, CGPME et UPA) et trois syndicats réformistes - CFDT, CFTC, CFE-CGC - ont présenté mardi 28 mai un rapport rassemblant leurs recommandations communes pour "réinventer la croissance" et « agir ensemble pour une dynamique économique ». En 165 pages, les six organisations identifient les secteurs d'avenir qui devraient permettre de relancer la croissance : nouvelles technologies, économie verte, transports, énergie, économie de la santé, etc. Pour chacun de ces grands domaines, elles préconisent des principes d'action pour favoriser l'emploi et placer la France dans le peloton de tête au niveau mondial. Ainsi, dans le domaine de l 'énergie, le savoir-faire nucléaire français est particulièrement souligné... et défendu. De même, la recherche sur le gaz de schiste est - prudemment - encouragée ! En outre, fait assez inédit encore, ces six partenaires sociaux appellent à « une nouvelle gouvernance économique », notamment basée sur le « dialogue économique » entre organisations patronales et syndicales.
Un dialogue économique récent
À lire également
Mais au-delà de ce recueil - au demeurant très intéressant- ce qui est vraiment remarquable, c'est la méthode. Qui aurait dit, il y a à peine 20 ans, que des organisations patronales et syndicales françaises seraient capables de co-signer un texte sur la politique économique à mener. Il faut reconnaître que l'initiative de ce changement revient à Laurence Parisot, l'actuelle présidente du Medef, encore pour un mois. Dès son arrivée à la présidence de l'organisation patronale en 2005, elle a cherché à entraîner les partenaires sociaux dans une démarche de dialogue économique - appelée « délibération économique » - avec l'espoir de parvenir à un diagnostic commun sur les forces et les faiblesses de l'économie française. Ce travail de réflexion partagée avait déjà abouti au rapport « Approche de la compétitivité française » en juin 2011, signé par trois organisations syndicales (CFDT,CFE-CGC et CFTC) et les trois organisations patronales. Mieux, à l'époque, la CGT et FO avaient accepté de participer aux travaux même si elles n'avaient pas ratifié ses conclusions Alors, certes, c'est une bonne chose que les acteurs sociaux investissent la sphère économique et, surtout, parviennent à se parler. Cette démarche s'inscrit dans le processus d'autonomie des partenaires sociaux, défendu tant par la CFDT - qui a toujours défendu l'idée que les salariés-citoyens devaient prendre leur destin en main - que par le Medef.
Jean-Christophe Chanut