Pour sa 4e édition nationale des Women for Future, à Montpellier ce 14 juin, La Tribune interrogeait le chemin parcouru depuis la promulgation de la loi Copé-Zimmermann en 2011, instaurant des quotas de femmes dans les conseils d’administrations des grandes entreprises. Dix ans de cheminement, des succès mais encore des pratiques insuffisamment égalitaires. Et une nouvelle proposition de loi portée par la député Marie-Pierre Rixain, également présidente de la délégation aux droits des femmes et à l'égalité des chances entre les hommes et les femmes, qui est venue décrypter ses objectifs.Le 20 janvier 2011, était adoptée la loi Copé-Zimmermann qui impose des quotas de femmes (40%) dans les conseils d'administration et de surveillance. En dix ans, elle a permis de franchir une étape décisive dans le combat pour l'égalité femmes-hommes : grâce à cette loi, la France est aujourd'hui première en Europe en matière de féminisation des conseils d'administration de ses grandes entreprises.
Cette loi ayant démontré que la mise en place d'objectifs chiffrés faisait avancer les choses et contribuait à briser les plafonds de verre, les quotas sont-ils un mal nécessaire ? C'est la question que posait notamment l'événement des Women for Future, organisé par La Tribune à Montpellier le 14 juin.
Car l'idée du progrès par les quotas continue de faire débat, d'autant qu'il reste du chemin à parcourir vers l'égalité réelle et la parité. Un nouveau projet de loi vient d'entamer son parcours parlementaire : visant à "accélérer l'égalité économique et professionnelle entre les femmes et les hommes", la proposition de loi portée par Marie-Pierre Rixain, députée de l'Essonne et présidente de la délégation aux droits des femmes et à l'égalité des chances entre les hommes et les femmes, a été examinée par les députés en séance publique les 11 et 12 mai 2021, puis adoptée le 12 mai 2021 Le texte va maintenant être examiné par le Sénat.
« Des propos choquants »
« Pour ou contre les quotas ? C'est peut-être un outil imparfait, mais il y a du bon à rééquilibrer les instances de pouvoir »,faisait observer en ouverture des Women for Future Catherine Barba, serial entrepreneure, investisseuse, engagée pour la diversité et l'inclusion.
Il faut se rappeler qu'en 2011, l'adoption de la loi Copé-Zimmermann s'est faite dans un contexte peu favorable, où les principaux acteurs concernés se disaient peu enclins à infléchir la composition des conseils d'administration vers une plus grande féminisation.
« Il y avait eu des lois en 1972, 1983 et 2001 qui donnaient des outils faciles à adopter, mais j'avais constaté que la loi n'était pas connue et pas appliquée,se souvient Marie-Jo Zimmermann, à l'époque présidente de la Délégation aux droits des femmes, et aujourd'hui conseillère municipale d'opposition à Metz et conseillère communautaire de la communauté d'agglomération de Metz Métropole.Jean-François Copé, qui était mon président de groupe, a accueilli l'idée positivement, mais au niveau de l'exécutif, c'était plus difficile et il a fallu toute son autorité pour faire passer la loi. La proposition de loi est passée plutôt bien en 1e lecture à l'Assemblée nationale, mais ça a été un combat au sénat. En 2014, Najat Vallaud-Belkacem (alors ministre des Droits des femmes, NDLR) l'étendra aux syndicats. En 2011, nous n'avions pas réussi à le faire car il aurait fallu de longues négociations et le temps était compté... »