Index égalité hommes-femmes : 53 entreprises épinglées trois ans de suite

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(Crédits : GONZALO FUENTES)
Depuis 2019, les entreprises de plus de 250 salariés ont l'obligation de publier leur note globale sur 100. Le ministère et l'inspection du travail ont réalisé 17.500 interventions en entreprise, entraînant 300 mises en demeure et 11 pénalités financières.

De plus en plus d'entreprises respectent l'obligation de publier leur index d'égalité professionnelle femmes/hommes, selon le bilan publié lundi par le ministère du Travail, mais une cinquantaine d'entre elles obtiennent pour la troisième année une très mauvaise note qui les expose à des pénalités.

Cette note comprend cinq critères : l'écart de rémunération femmes-hommes (40 points), l'écart dans les augmentations annuelles (20 points), l'écart dans les promotions (15 points), les augmentations au retour de congé maternité (15 points) et enfin la présence de femmes parmi les plus gros salaires de l'entreprise (10 points).

Depuis 2019, les entreprises de plus de 250 salariés ont l'obligation de publier leur note globale sur 100. Pour les entreprises de 50 à 250 salariés, l'obligation date de mars 2020.

Lire aussi : Journée des femmes: une loi pour encadrer l'égalité hommes-femmes


Cette année, 70% des entreprises de plus de 50 salariés ont publié leur note contre 59% l'année dernière.

En dépit de la crise, "les entreprises sont au rendez-vous de l'index, signe que la démarche est rentrée dans les moeurs", se réjouit-on au ministère.

Retard sur les grosses rémunérations

Si la note moyenne progresse légèrement d'une année sur l'autre, de 84 à 85 sur 100, seules 2% des entreprises obtiennent la note de 100.

Et 53 entreprises de 250 à 1.000 salariés (aucune de plus de 1.000) enregistrent une note inférieure à 75 points pour la troisième année consécutive, ce qui les expose à des sanctions pouvant aller jusque 1% de la masse salariale.

Les directions régionales du Travail vont contacter ces entreprises et faire du cas par cas, précise-t-on.

Deux indicateurs sont à la traîne: les augmentations au retour de congé maternité, une obligation depuis 2006 qui n'est pas respectée dans 13% des cas, soit 3.000 entreprises selon le ministère, qui prévoit davantage de contrôles pour rattraper ces augmentations non effectuées.

Autre point négatif, seules un quart des entreprises ont une quasi-parité dans leurs dix plus grosses rémunérations. 43% des entreprises de plus de 1.000 salariés (contre 37% l'année dernière) ont même moins de deux femmes dans ces dix salaires.

Pour faire progresser cette question, une proposition de loi de la députée LREM Marie-Pierre Rixain pourrait imposer des quotas de femmes dans les organes de direction des entreprises.

Depuis 2019, le ministère et l'inspection du travail ont réalisé 17.500 interventions en entreprise, entraînant 300 mises en demeure et 11 pénalités financières.

Toutes les notes globales des entreprises de plus de 250 salariés sont publiées sur le site du ministère. Un décret va prochainement obliger les entreprises à publier "de manière lisible" les sous-composantes de leur note, et pas seulement leur note globale.

Lire aussi : La (très) lente progression de la lutte contre les inégalités femmes-hommes en quatre graphiques

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Commentaires
a écrit le 09/03/2021 à 4:03 :
Pour les sortir du classement les années suivantes :
pénalités sur 2% de leur Chiffre d'affaires avec augmentation de 1% à chaque récidive.
a écrit le 08/03/2021 à 20:24 :
Tout cela est totalement c...n. En effet, dès lors que des pénalités financières sont applicables, le seul objectif de l'entreprise est de les éviter. Donc on va promouvoir des individus sur les critères les plus variés pour respecter des lois arbitraires. Le résultat sera la démotivation des personnels méritants et la mise en place de privilèges et le développement de castes. Si demain une loi promeut les nains de jardins les entreprises les favoriseront au détriment des autres...ce sera certainement farce mais peu productif...A ce stade, je ne vois pas pourquoi les hommes ne demanderaient pas à être dédommagés de leur incapacité à enfanter et les femmes au fait d'être équipées de glandes mammaires au lieu d'une paire de testicules. On marche sur la tête.

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