Capital-investissement : l'Afrique fait son « TRI »

Othmane Zakaria
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Othmane Zakaria
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
Afrique a soif de capitaux. Au-delà des traditionnelles aides au développement, le Continent a cruellement besoin de ressources en capitaux propres, stables et de long terme... un secteur privé florissant ne saurait s'en passer. Face à cette réalité, de l'autre côté du miroir, les investisseurs internationaux sont à l'affût d'opportunités nouvelles, et n'ont de cesse de chercher à diversifier leur exposition géographique et à s'introduire dans des marchés affichant des profils de croissance et de risque complémentaires à leurs portefeuilles. Sur le papier, fonds d'investissement internationaux et entreprises privées africaines ont donc tout pour s'entendre, chaque partie répondant aux besoins et aspirations de l'autre. Et pourtant, dans les faits, la rencontre entre les deux sphères reste embryonnaire en Afrique, même si la tendance s'avère pour le moins prometteuse.
Une analogie suffit à approcher le retard en la matière et son corollaire de gisements d'opportunités : il y a un nombre similaire de sociétés de capital-investissement (Private Equity, PE) en Afrique qu'en Scandinavie, et qui génèrent environ la moitié du volume d'investissement ! C'est dire combien l'activité en est à ses balbutiements sur le Continent, d'autant que les indicateurs fondamentaux (démographie, croissance potentielle, ressources...) entre les deux zones confèrent un attrait incommensurable au bloc africain. Si nombre de grandes enseignes de Private Equity boudent l'Afrique, le plus souvent par aversion au risque, celles qui s'y installent sur le long terme y trouvent un souffle formidable de croissance, et leur épopée ne fait que commencer.
À lire également
Selon l'AVCA (l'Association africaine des fonds d'investissement), 919 opérations de PE ont eu lieu en Afrique entre 2011 et 2016, totalisant une valeur de 22,7 milliards de dollars. Sur la même période, les fonds de PE dédiés à l'Afrique ont levé 16,5 milliards de dollars sur les marchés financiers internationaux et régionaux. Rien qu'en 2016, 145 opérations ont été recensées par l'AVCA pour un investissement total de 3,8 milliards de dollars. Une goutte d'eau dans l'océan de la PE mondiale, qui a levé 347 milliards de dollars en 2016. De quoi relativiser sérieusement l'attrait du Continent à l'échelle internationale, sur le plan quantitatif du moins.
Othmane Zakaria
« Si l’aide au développement doit être réinventée, la coopération internationale ne peut être interrompue » (Rémy Rioux)
À la BAD, Sidi Ould Tah s’engage à « bâtir une Afrique robuste »
« Au-delà des chiffres, notre investissement sur le continent n'a pas changé » (Papa Amadou Sarr, AFD)
« Le vrai sujet des eurobonds est la bonne notation des pays africains » (Vera Songwe)