Les producteurs de biocarburants demandent le maintien d'une fiscalité favorable
Dominique Pialot
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Les producteurs d'éthanol et de biodiesel ont investi collectivement 2 milliards d'euros dans leur outil de production et entendent bien le rentabiliser. En pleine campagne présidentielle, les industriels français des biocarburants profitent du salon de l'agriculture pour publier leur « livre blanc ». Celui-ci contient sept propositions visant à pérenniser les débouchés d'une filière de plus en plus controversée.
Ces demandes consistent essentiellement à contrer des distorsions de concurrence avec des produits importés de pays non européens, à maintenir une fiscalité favorable au moins jusqu'à fin 2015 et enfin à favoriser le développement de biocarburants existants ou en phase de développement. Les professionnels réclament surtout une « feuille de route précise quant aux objectifs d'incorporation des biocarburants » et une réaffirmation publique claire du soutien à la filière.
Réunis au grand complet lors du salon de l'agriculture, les représentants des filières bioéthanol (substituable à l'essence) et biodiesel (susceptible de remplacer le gazole) n'ont pas manqué de rappeler les vertus des biocarburants : bénéfices environnementaux grâce à la réduction des émissions de CO2 prenant en compte l'absorption du carbone pendant la croissance des plantes ; contribution à l'indépendance énergétique française (et à la diminution du déficit du commerce extérieur, aujourd'hui imputable pour moitié aux importations d'énergie) ; participation à une plus grande autonomie en matière d'alimentation animale grâce aux co-produits des biocarburants ; diversification des débouchés pour les agriculteurs et, argument suprême en pleine campagne électorale, création ou maintien d'environ 11.000 emplois non délocalisables.
Indispensables pour atteindre les objectifs européens en 2020
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Rappelant que les biocarburants de deuxième génération, issus de tout ou partie de denrées agricoles non alimentaires, ne seraient pas au point avant la fin de la décennie, les représentants des filières bioéthanol et biodiesel ont souligné le rôle essentiel de ceux de première génération pour atteindre l'objectif européen de 10 % d'énergies renouvelables dans les transports à l'horizon 2020. Aujourd'hui, l'objectif français est de 7 % d'incorporation, pour un taux réel d'environ 6,5 %.
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