Sur une ancienne gravière, les oiseaux se sont remis à chanter. Les pépiements d'une Bouscarle de Cetti, un petit passereau, et le vol d'un pic vert sont d'emblée repérés par Emilie De Blas. Cette responsable d'études naturalistes pour l'organisation publique CDC Biodiversité interprète aussi le paysage silencieux.
« On a des Grenouilles verte et rieuse dans le plan d'eau. Dans les boisements et prairies humides, on trouve des Crapauds calamite et des Grenouilles agiles. Côté oiseaux, on observe régulièrement l'Élanion blanc, un rapace qui trouve un milieu favorable car diversifié avec à la fois des prairies et des lisières, déniche-t-elle. Ce qui est intéressant ici, c'est la mosaïque des habitats. » Bienvenue sur un site de compensation environnementale.
À quelques kilomètres au nord de Pau, sur la commune de Lescar, l'entreprise publique assure la gestion et le suivi d'un ensemble de 10 hectares dédié à l'accueil de la biodiversité. Comme 14 autres sites répartis sur trois départements, ce « microsystème » de biodiversité est une œuvre artificielle qui doit compenser les dégâts de l'A65. Avant 2010, il servait de gravière pour alimenter le chantier de cette autoroute longue de 150 kilomètres entre Langon (Gironde) et Pau (Pyrénées-Atlantiques). Désormais, une forêt se dresse face à des prairies entretenues par des chevaux, et des berges aux pentes douces glissent vers un lac aux profondeurs variables, où grouillent aussi bien des poissons que des amphibiens. Entre une départementale très fréquentée et des largages de parachutistes, faune et flore trouvent leurs habitats propices.