Observation des galaxies : les premiers résultats de "Muse" dévoilés à Toulouse

Gael Cérez
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À quoi sert l'instrument Muse ?
Il sert à observer les objets célestes dans l'espace. Avant, les astronomes observaient les galaxies avec des imageurs, qui fournissent des images parfois en plusieurs couleurs. Ensuite, ils les analysaient avec des spectrographes (un appareil qui permet de décomposer la lumière, NDLR) pour déterminer ce qu'elles étaient vraiment. C'était un processus difficile et coûteux.
Dans les années 80, nous avons développé la spectrographie intégrale de champ, ou spectrographie 3D, qui allie l'image et la spectrographie. Le problème des premières générations d'instruments est qu'on ne pouvait observer que des objets brillants et des champs très petits. On restait dans le schéma où l'on découvre des objets avec des imageurs, pour ensuite les observer dans le détail avec des spectrographes.
En 2001, l'ESO (European Southern Observatory) a lancé un appel à idées pour développer une nouvelle génération d'instruments pour le Très grand télescope (VLT) situé au Chili dans le désert d'Atacama. Nous avons proposé un outil appelé Muse (Multi Unit Spectroscopic Explorer) qui a été accepté par l'ESO. Cet "explorateur spectroscopique à unités multiples" est doté de 24 spectrographes de champ intégral qui peuvent être utilisés pour acquérir, simultanément, des images et des spectres de régions étendues du ciel.
Pourquoi ce nom ?
Nous l'avons appelé Muse car l'astronomie est la seule science à en avoir une : Uranie. Cela se dit de la même façon en français et en anglais. C'est un nom bien choisi et inspirant.
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Combien de temps a duré sa construction ?
De 2004 à 2013, Muse a été construit par un consortium européen dirigé par le Centre de recherche astrophysique de Lyon. Une centaine d'ingénieurs y a participé, dont certains de l'Institut de recherche en astrophysique et planétologie de Toulouse. À l'automne 2013, l'instrument a été envoyé au Chili, où il a vu sa première étoile en janvier 2014. Mis en service à la mi-2014, il a coûté environ 20 millions d'euros au total.
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