Agriculture biologique : le Corrézien Axioma cherche 3 M€ pour passer à l'industrialisation

Pierre Cheminade

Axioma
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"Après plusieurs années de R&D, on a prouvé la validité de nos produits et obtenu deux autorisations de mise sur le marché européen en septembre dernier. Désormais, l'enjeu pour nous c'est de passer de la logique d'un laboratoire à celle d'un industriel", affirme Anthony Bugeat, le directeur général d'Axioma. Créée en 2011, à Brive (Corrèze), cette société de sept salariés s'est spécialisée dans le développement de technologies biologiques à destination de l'agriculture et de l'élevage. Ces biostimulants, issus d'actifs naturels de plantes, permettent aux végétaux et aux animaux d'assimiler davantage de nutriments et donc de diminuer la quantité d'intrants chimiques. Tous ses produits sont compatibles avec les normes de l'agriculture biologique mais Axioma s'adresse d'abord à l'agriculture conventionnelle. "Notre pari c'est de proposer aux agriculteurs de diminuer leur consommation d'engrais et de produits phytosanitaires classiques sans modifier leurs pratiques et sans entraîner de surcoûts", poursuit le chef d'entreprise de 37 ans.
Pour cela, Axioma adopte une orientation BtoB à destination des fabricants d'engrais, de fongicides et de pesticides pour intégrer ses solutions aux produits et aux réseaux de distribution classiques. "Le coût de nos produits est compensé par la diminution de la consommation des produits conventionnels et nous assurons un retour sur investissement en qualité comme en quantité des rendements agricoles", promet Anthony Bugeat. La société a décroché en septembre 2018 l'autorisation de mise sur le marché européen pour deux produits développés en interne : Activ'Nutrition, "une technologie biostimulante permettant de lutter contre les effets du réchauffement climatique sur les cultures agricoles", et Axioparam, "une technologie à base d'extraits de plante permettant de lutter contre les strongles et les paramphistomes chez les bovins".
Ces deux sésames, obtenus après cinq ans de R&D et de démarches administratives, marquent un tournant pour la TPE corrézienne qui a généré 420.000 € de chiffre d'affaires en 2018 - contre 240.000 € en 2017 - mais qui n'est pas encore rentable. "Nous avons gagné de l'argent en 2015 mais nous vivons depuis l'an dernier grâce à une première levée de 500.000 € réalisée en avril 2017 pour moitié auprès de Dynalim et pour moitié auprès de la plateforme de crowdfunding Sowefund", explique Anthony Bugeat qui travaille actuellement à un second tour de table qu'il espère boucler au premier trimestre 2019.
L'équipe d'Axioma avec Anthony Bugeat, au centre, en blanc (crédits : Axioma)
Le dirigeant de 37 ans compte désormais réunir 3 M€ auprès de différents partenaires, dont le fonds d'investissement régional Naco qui prend la suite de Dynalim. "Nous avons sécurisé environ la moitié de la somme et nous sommes dans la situation confortable de pouvoir choisir nos partenaires. Nous ciblons vraiment des acteurs capables de nous aider dans notre montée en puissance industrielle", détaille Anthony Bugeat qui cite en modèle le parcours de l'entreprise limousine Silab, qui développe des ingrédients biologiques pour l'industrie cosmétique. Son directeur général Xavier Gaillard rejoint d'ailleurs le comité d'experts d'Axioma.
Si elle aboutit, cette 2e levée de fonds doit permettre à Axioma de financer une vaste campagne de recrutement et la construction d'une usine de production. Le chef d'entreprises prévoit 50 recrutements en trois ans dont douze d'ici à juin 2019 afin de muscler ses capacités de R&D. Il s'agit principalement de docteurs en biologie moléculaire et d'ingénieurs agronomes. Ces postes seront basé à Brive tout comme la future usine de 2.000 m2 qui doit être opérationnelle début 2021. Un investissement crucial insiste Anthony Bugeat :
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La TPE qui travaille actuellement avec plus de 400 agriculteurs espère en effet en convaincre 9.000 d'utiliser ses produits d'ici 3 ans grâce à des partenariats de distribution en France et en Europe. L'objectif est ainsi de doubler le chiffre d'affaires chaque année pour atteindre 1,7 M€ en 2020.
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Parallèlement, Axioma veut aussi développer des solutions pour limiter la dépendance des fertilisants aux phosphates, en améliorant les propriétés des effluents d'élevage, et le recours au désherbant tristement célèbre, le glyphosate, dans l'agriculture. Deux enjeux sociétaux identifiés comme tels par l'Union européenne et qui nécessiterait donc, selon Anthony Bugeat, des dispositifs réglementaires plus adaptés :
Axioma assure que ses produits permettent de produire davantage et mieux pour un coût inférieur (crédits : Axioma).
Pierre Cheminade