Cela fait trois ans que le projet ïkos a été initié à Bordeaux et désormais le temps presse. "Il y a un risque d'essoufflement", prévient Marion Besse, présidente de l'association ïkos qui redouble désormais d'efforts pour que ce projet, à environ 10 millions d'euros, finisse par voir le jour. "Nous nous donnons toutes les chances en faisant connaître ce projet au grand public, propriétaires de terrain et politiques. C'était tout l'objet de l'appel à soutien non financier que nous avons lancé en mai", confie Marion Besse.
ïkos, c'est le nom d'un village du réemploi, de la réparation et du recyclage imaginé par cinq acteurs locaux : Le Relais, l'Atelier d'éco solidaire, le Livre vert, R3 (traitement des encombrants des bailleurs sociaux) et les Compagnons bâtisseurs. Sur le papier, il comprend un centre de tri pour les livres, les textiles, matériaux de construction, objets et appareils, une recyclerie créative, une place événementielle, une galerie marchande et un pôle d'innovation et de R&D. "Le projet peut évoluer en fonction du foncier", explique néanmoins Marion Besse qui précise que 17.000 m2 de bâti seront nécessaires.
"L'appel à manifestation d'intérêt Aire lancé par Bordeaux Métropole en 2017 s'est soldé par un échec car le terrain était pollué. Il a ensuite été question de la Jallère. Des plans ont été établis, mais après le départ d'Alain Juppé, au printemps 2019, les rapports de force ont changé. Des oppositions se sont levées. Désormais, il n'y a plus de plan C", regrette Marion Besse.
Idéalement, l'objectif aurait été de s'installer en 2020 pour une raison très pratique.
"Les cinq structures initiatrices du projet sont locataires et nous avions une échéance de fin de bail cette année. Désormais, nous tablons sur 2023, ce sera la dernière chance. Les volumes que nous traitons sont en constante augmentation et nos locaux deviennent trop petits. Nous traitons plus de 6.000 tonnes de déchets et doublerons au sein d'ïkospour réduire d'autant en amont la production de nouveaux biens et en aval la quantité de déchets.Et je précise que les tonnages se transforment en emploi, c'est mathématiques. A nous cinq, nous sommes à environ 120 emplois, nous passerions à plus de 200 emplois locaux."