Comment conserver la qualité nutritive des aliments tout en les embarquant dans l'espace ? C'est la question sur laquelle planchent huit étudiants de l'INSA et de l'université Paul Sabatier. Après avoir constaté que les aliments destinés aux astronautes perdaient en moyenne 30 à 50% de leur apport en vitamine A en trois mois, ces jeunes toulousains, tous étudiants en biologie, ont imaginé des "super-levures synthétiques" permettant de compléter
l
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alimentation lors de longues missions dans l
'
espace.
"C'est unsystème innovant puisqu'il est quasi-autonome : il faut très peu de ressourcespour produire ces éléments nutritifs, tout est directement disponible dans le vaisseau spatial. Il y aura uneboîte avec deux compartiments, un pour la bactérie et un autre pour la levure enrichie en provitamine A, et il suffira de faire "pousser" la bactérie avec des ressources déjà présentes à bord (eau, électricité, urines, CO2) pour mettre au point une co-culture afin que la levure puisse se développer. On pourra même choisir le goûts que l'on préfère grâce à des LED ! ", s'amuse Laurène Adam, l'une des étudiantes qui travaille sur ce projet.
C'est pour la compétition internationale iGEM 2020 que cette équipe s'est formée. Organisé par le MIT (
Massachusetts Institute of Technology
), ce concours sur la biologie synthétique réunit chaque année des équipes d'étudiants à travers le monde entier. L'objectif pour les participants est de travailler à l'élaboration d'un système biologique innovant répondant à une problématique actuelle. L'équipe toulousaine, qui existe depuis 2013, fait régulièrement bonne figure à l'image de l'édition 2018
dont le projet avait été couronné à Boston par la médaille d
'o
r, aux dépens des 353 autres équipes venues du monde entier.
"Chaque année, les universités passent un "appel à candidature" pour former la nouvelle équipe annuelle iGEM. Après des entretiens avec des chercheurs et l'équipe encadrantes, nous entrons dans une phase de brainstorming où l'on épluche toutes les idées pour participer à la compétition et répondre à un souci sociétal grâce à la biologie synthétique. Ensuite, une fois le thème trouvé, il y a trois mois pour faire les expériences et prouver que notre théorie est fonctionnelle dans la pratique", explique Laurène Adam.